À propos du vidéogiciel : The Operative : No One Lives Forever

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jeudi 9 septembre 2021

The Operative : No One Lives Forever (PS2)

Cette adaptation PS2 du jeu PC est bien malheureuse. Les trois raisons principales sont :

  • le frame-rate misérable (qui saccade la visée!)

  • l’absence de retour joueur sur les impacts de balle (le sang a été supprimé, ce qui a pour conséquence de ne plus indiquer si quand on tire sur un ennemi celui-ci est bel et bien touché)

  • l’impossibilité de sauvegarder en cours de niveau

Ce dernier point aurait pu être bénin si seulement le challenge de NOLF était toujours juste, ce qui est loin d’être le cas, notamment sur la dimension « infiltration » du jeu. La version PC palliait cela avec la rustine de la sauvegarde n’importe où (qui est de toute façon une norme pour les FPS PC de cette époque) ; en son absence on se prend les limites du système en pleine face. Un niveau comme celui du sous-marin qui coule devient infernal car les morts de fin de niveau sur PC se mettent à impliquer sur PS2 de recommencer le chapitre du début.

D’autant qu’évidemment les temps de chargement sont plus longs et qu’ils interviennent après chaque mort…

Je note aussi la visée compliquée au stick droit. J’ai l’impression qu’il y a un temps de latence ainsi qu’une zone morte bien trop grande de laquelle on sort avec une vitesse trop grande (voir critique de Far Cry Instincts Predator). Résultat, quand il faut bouger le viseur d’un chouïa c’est galère. Les développeurs ont collé une autre rustine, une visée automatique extrême qui anéantit tout challenge en s’aimantant au membre ennemi le plus proche (tête, bras, buste…).

La boîte du jeu vante quatre niveaux exclusivement conçues pour la Playstation 2.

  • Le premier est anecdotique : dans un quartier de Londres, Cate cherche à dérober trois sacs (de quidams) alors que la police patrouille et visiblement connaît son visage. C’est de l’infiltration mais heureusement pour nos nerfs ce n’est pas très difficile et ça se termine vite.

  • Le deuxième aussi : Cate cambriole un bar en entrant par la cave, avec un coffre au rez-de-chaussée et un autre à l’étage. Si on se fait voir par le propriétaire ou son employé qui passe le balai, deux flics viennent patrouiller mais le level design fait qu’on les esquive facilement (on peut se déplacer juste en dessous du toit et ainsi surplomber le premier étage).

  • Le troisième est plus sympa, même si toujours infiltration et sans arme à feu : dans une espèce de vieux manoir / musée Cate doit dérober un œuf de Robin (?) et se fait aider par le fantôme d’une soubrette assassinée toujours obsédé par la propreté… Le comble pour notre voleuse féministe. C’est rigolo, ça demande de l’observation sans être ni trop long ni trop compliqué (ni trop injuste). C’est juste un flash-back rentré au chausse-pied dans l’histoire originale sans rapport avec la choucroute. En tout cas c’est le meilleur des niveaux exclusifs à cette version.

  • Et le quatrième, bah je le cherche encore. Publicité mensongère ?

Les vibrations de la manette interviennent seulement quand on est blessé alors que l’on n’a pas ou plus d’armure ; on ne les ressent donc jamais si on joue correctement.

Le shooter PC beau, précis et coloré laisse place à une aventure pénible, remplie à craquer de frustrations, trop difficile, injuste ; et sacrifiant pour la censure les éclats de sang qui avaient un rôle prépondérant dans le game design original. Cette version est à fuir !

Verdict = dispensable

The Operative : No One Lives Forever (PC)

Le lundi 21 octobre 2019. Ayé je l’ai fini ! Ce dimanche. Je l’avais commencé quand, il y a quelques mois ? Oh peut-être pas tant que ça… Deux mois ? Trois ? C’est vrai qu’il ne m’a pas « captivé pour ne plus me lâcher »… Malgré ça, je l’ai terminé en assez peu de sessions, car quand j’y ai joué j’y ai joué longtemps. D’ailleurs la première impression en ayant terminé le jeu c’est qu’il est très long. En fait pas tant qu’il est long à finir (ça va encore) mais plutôt que les niveaux sont très très variés : il y a un bateau, qui coule, une station spatiale, qui explose, les Alpes enneigées, un bâtiment en construction, le Maroc, l’Allemagne, une boîte de nuit sixties… C’est le tour du monde de l’espionnage à la James Bond, dans la peau d’une femme féministe avant l’heure et avec des dialogues à l’humour absurde souvent amusant.

Bon j’y ai joué dans la version REVIVAL, sur mon PC en Windows 7, avec le ratio d’affichage d’origine sur mon écran 4/3, avec une des résolutions d’origine (1280*960), à 60 images par seconde et surtout… surtout… avec ma manette préférée la Dual Shock 2 ! Hé oui. NOLF est compatible manette, mais je n’ai pu faire marcher que les déplacements et les actions ; pour la visée au stick droit j’ai dû passer pour un petit logiciel super, Antimicro, qui m’a offert une visée au stick très correcte ! Même meilleure que celle de la version PS2 de l’époque… Version PS2 dont j’ai cependant piqué l’agencement des boutons, tout à fait fonctionnel et pertinent. J’ai même pu paramétrer sur Antimicro le fait de marcher/courir selon l’inclinaison du stick gauche… Oui car le déplacement au stick géré en natif par NOLF se fiche du degré d’inclinaison et nous fait courir direct. Ce qui obligerait à maintenir une autre touche pour marcher, ce qui n’est pas cool car NOLF nous demande souvent d’être discret et donc de ne pas courir…

Enfin bref, tout ça pour dire : j’ai joué dans de chouettes conditions. J’ai même pu activer le code de triche « MoreBloodOption » (en tapant exhorbitantamounts je crois), qui augmente sensiblement les litres de sang repeignant les murs derrière les ennemis qu’on crible de balle ; les petits ronds rouge de base étaient un petit peu trop discrets à mon goût !

Le jeu a vieilli dans sa présentation. Dans les cinématiques, la caméra évite toujours de filmer un personnage qui entre dans une voiture, simplement car les développeurs n’ont pas voulu s’embêter animer une portière, l’animation du perso ainsi qu’éventuellement l’intérieur de la voiture… Donc ça se passe hors champ et on entend seulement le claquement de la portière. Ce genre de détails fait cheap et fauché. Et le générique de fin, qui défile sur une toile mouvante sur laquelle la caméra translate de haut en bas puis de bas en haut quand elle arrive à l’extrémité ? Fauché les gars, fauché… Ca pue la pauvreté ! A vrai dire je dirais même que ça pue le jeu PC qui s’en bat la race de la présentation ; au contraire des jeux console qui boxaient dans une autre cour à ce niveau, même à l’époque et tout limités techniquement qu’ils étaient. La présentation a toujours été plus soignée sur console, en tout cas dans mon expérience de joueur qui a commencé avec la Playstation.

Enfin, NOLF ! Jeu culte s’il en est. Que vaut-il ? Bah grossièrement, c’est un FPS avec une direction artistique coloré et vintage très originale pour le genre (plus habitué aux univers médiévaux-futuristes torturés), ponctué de dialogues rigolos, avec une vraie histoire vraiment écrite, des fusillades qui ont du répondant, des niveaux basés sur la discrétion, de façon générale de grands niveaux à explorer, et enfin pas mal d’armes et de gadgets plus ou moins utiles et drôles. Les doublages sont savoureux, les musiques créent une ambiance unique plutôt légère… On passe un bon moment, mais malgré cet enrobage soigné qui n’a pas pris une ride (la DA et l’humour passent encore très bien en 2019) le jeu en lui-même reste un FPS bas du front dans lequel on passe la plupart de son temps à tirer sur des types. En fait, le jeu nous prend pour un homme intelligent et civilisé seulement pendant ses cinématiques de dialogue… Le reste du temps c’est « moi vois moi tue » et ce n’est pas vraiment passionnant.

Alors OUI vous allez me dire, il y a les phases d’infiltration… Dures et chiantes souvent. Mais soyons sérieux deux minutes, quelque challenge qu’il y ait dans NOLF est annihilé instantanément par le combo F6/F9. Plaît-il ? La sauvegarde et le chargement rapides, voyons ! Ce standard des vieux jeux PC qui consiste à pouvoir recommencer instantanément n’importe quel passage. Franchement j’ai bien du mal à voir l’intérêt de ce système qui annihile toute difficulté. Et bien oui, tout passage ardu peut se faire à coups de petites avancées sauvegardées à coups de F6 (note : les anglophones appellent ça le baby crawl), afin de reprendre en cas de game over juste avant la mort avec une petite frappe de F9. Cela vaut autant pour les combats que pour l’infiltration. Perso je ne comprends vraiment pas l’intérêt de ce système. Evidemment c’est confortable pour le joueur ! Mais ça ne produit rien comme difficulté, ça ne raconte rien ! Quel sens ont mes prises de risque si je peux revenir cinq secondes en arrière à tout moment ? Le danger est inexistant.

Alors ça se marie bien évidemment avec un jeu au challenge injuste, comme NOLF justement… Et bien sûr, tout le monde aurait hurlé au loup si NOLF était sorti sans cette fonctionnalité (ce qui est le cas de la version PS2, décourageante) et ç’aurait été légitime ; mais ce n’est pas une solution en soit, c’est une rustine, un pansement sur une plaie béante. Les développeurs n’ont pas à régler grand-chose puisque le joueur peut faire face à tout grâce à F6/F9. Avec de la patience et de la persévérance pour les pires passages.

Et puis bon, tous les boss de NOLF où il s’agit de tirer sur un type, ça se règle en se planquant aussi loin que possible et en tirant à moitié caché… Le challenge ne va pas chercher loin.

Voilà donc comment je vois NOLF : un FPS instanément fun grâce à ses échanges de tirs mais au challenge franchement inabouti qui le rend presque ennuyeux, dans un enrobage extraordinaire pour le genre, plein d’humour, de couleurs, de dialogues doublés avec malice et d’environnements variés.

Un espèce de monstre improbable, que j’ai dû un peu me forcer à finir… J’ai ri à la cinématique de fin qui expédie trois kilomètres de rebondissements en deux minutes =O Genre ils n’avaient plus de niveaux jouables à caser entre chaque. Genre c’est un film précipité.

Et en ce qui concerne le niveau bonus que les développeurs ont rajouté dans le dernier patch… Il m’est tombé des mains. Cate est en vacances sur une île paradisiaque mais il faut qu’elle retombe sur des méchants… Stop. Je déteste ces niveaux d’extension tirés par les cheveux.

Verdict = ok