À propos du vidéogiciel : Max Payne 3

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jeudi 9 septembre 2021

Max Payne 3 (PC, PS3)

Peine max pour Max Payne ?

Attention spoilers, pour Max Payne 3, 24 heures chrono saison 8 et le film que justice soit faite.

L'histoire de Max Payne 3 commence par la fin. La scène d'ouverture nous montre Max à l'entrée d'un hangar d'avion dans un aéroport, s'approchant un pistolet à la main d'un type avec une jambe en moins, allongé par terre le moignon encore rouge vif cramé. Il doit aussi lui manquer un bras. Max nous parle en voix off et commente lui-même la séquence en nous expliquant qu'il est là sur le point d'exécuter le pauvre type en train de mourir à ses pieds et qu'on peut dire ce qu'on veut sur les Américains, ils ont bien intégré le principe du capitalisme : on obtient ce pour quoi on a payé. Ils ont payé un tueur et Max a tué. Retour en arrière pas tout à fait là où tout a commencé, mais au moment où la crise brésilienne démarre : Max, garde du corps de Rodrigo Branco, milliardaire brésilien, assure la sécurité avec son ami Raul Passos lors d'une réception chez les Branco. Des hommes habillés pas classe et cagoulés déboulent de l'ascenceur, se mettent à mitrailler tout ce qui bouge et contraignent Rodrigo et sa femme à les suivre.

La narration de Max Payne 3 souffre pour moi de plusieurs problèmes. D'abord c'est Max de la fin du jeu le narrateur et croyez-moi il n'économise pas sa salive. Tout au long du jeu, phases jouables et cinématiques incluses, il commente ce qui lui arrive, ou plutôt ce qui lui est arrivé. Et j'ai trouvé la plupart du temps que ça cassait le suspens, la tension. Le problème n'est pas qu'on ait vu la fin de l'histoire, ça pourrait créer du suspens ; le problème c'est qu'on a constamment le point de vue d'un type posé, calme, sur des situations qui ont pourtant dû être extrêmement tendues. On vit avec Max des fusillades mais sa voix vient constamment nous rappeler comme il est tranquille à l'endroit d'où il nous parle. Un point de vue avec beaucoup de recul vient presque constamment se superposer à des situations chaotiques, furieuses. En plus je n'aime pas quand le personnage que je contrôle, alors que je le contrôle, se met à parler. Je ressens un décalage et ça ne marche pas. Quand je suis en contrôle, je dois l'être à 100%. Quand je déplace à Max, il ne doit pas se mettre à parler tout seul : je le contrôle ou je ne le contrôle pas ? ai-je envie de demander aux développeurs.

Pourtant le procédé du commentaire de Max (pas in-game hein) a fonctionné pour moi lors de certains chapitres : les chapitres flash-back, les chapitres où à un moment de son aventure brésilienne, Max se remémore un coup d'éclat passé. C'est particulièrement puissant lors du chapitre sur le yacht au canal de Panama. Max vient de voir s'enfuir en hélicoptère celui qu'il pensait être son ami, Passos, et le laisser tout seul au milieu des méchants. A ce moment Max repense à cette mission à Panama. A l'époque - il nous le dit et on le voit - il était tellement imbibé d'alcool qu'il n'a pas fait attention aux signes, les signes qui maintenant créent des liens dans sa tête et lui font réaliser qu'il aurait pu anticiper la trahison de Passos. Il a vu des choses à Panama, des choses qui annonçaient ce coup de poignard dans le dos de la part de celui qu'il considère son ami - et maintenant qu'il est sobre (après une désintoxication quelques jours avant sur un coup de tête - efficaces les coups de tête !) il se rappelle. Et c'est alors que l'on retrouve Max quelques mois auparavant sur le bateau à Panama.

Et ça fonctionne : le Max narrateur, le jeu et la musique nous racontent ce qui s'est passé à Panama. Max revit cette scène au moment où l'hélicoptère de Passos s'éloigne et les développeurs nous font vivre ce souvenir, ce travail de mémoire. Dans le contexte d'un flash-back, la narration du Max futur devient la narration du Max présent, le temps que l'on connaît, le temps du récit, et on est alors parfaitement en phase avec ce que le jeu nous raconte. Hélas, on retrouve bien vite dans les phases de jeu au "présent" la voix de ce Max du futur qui semble complètement déconnecté de ce qu'il nous raconte et de ce que le jeu nous fait vivre ; alors que la force du flash-back à Panama, c'est bel et bien que ce retour en arrière est aussi celui du héros.

L'autre gros reproche que je vais faire à Max Payne 3, c'est l'histoire. J'ai attendu tout le jeu que ça décolle, l'espace de deux chapitres (dont celui à Panama) j'ai bien cru que ça allait décoller, mais en fait non. Ce qui arrive à Max est malheureusement d'une platitude assez remarquable. La trahison de Passos ? Raté, en fait il n'est pas si méchant. Moi j'attendais que Max pète un câble. Je reconnais qu'en fait c'était mal barré vu l'aplomb avec lequel il raconte son aventure. Ou alors on aurait basculé dans un trip du genre L'Étranger de Camus, c'est-à-dire un type qui commet un meurtre et qui ne ressent rien par rapport à ça. Enfin j'espérais que Max soit tellement blessé, que les blessures de sa vie soient à ce point rouvertes qu'il se change en une bête féroce, à l'instar de Jack Bauer à la fin de la saison 8 de 24 heures chrono ou encore du héros de Que Justice Soit Faite, qui se met à assassiner méthodiquement tous les membres de l'administration judiciaire qui ont permis de près ou de loin que l'assassin de sa famille ne soit pas condamné. J'attendais que Max soit à ce point dégoûté de la vie qu'il fasse un carnage et atteigne le point de non-retour.

D'abord j'aime ces histoires de héros qui se changent en "méchants". Je trouve ça juste hyper intéressant et je les trouve encore plus attachants parce qu'on comprend bien que c'est le caractère extrême de leur douleur qui les amène à ça - on ne peut pas les diaboliser comme de mauvais méchants parce qu'on les connait et qu'on comprend leur fonctionnement. Un héros qui devient mauvais c'est d'abord un héros dont la peine, quelle qu'elle soit, est immense et que l'oeuvre arrive de façon exceptionnelle à nous faire ressentir.

C'est un malentendu. J'ai cru à cette histoire et l'ai attendu, mais elle n'est jamais venue. La première scène où Max surplombe un homme amputé ? Vous allez rire : à la fin, ce type balance une grenade à Max et alors que la grenade est en l'air, Max tire dessus (légitime défense m'est-avis), elle explose près du type et c'est comme ça qu'il se retrouve brûlé vif avec des membres en moins.

Mais ce n'est pas tout. Quand Max voit son ami Passos l'abandonner. Quand on le joue au Panama et que c'est une musique triste qui donne le ton des fusillades. Quand on réalise que Max, au fond du trou depuis des années, alcoolique notoire, a peut-être été manipulé depuis le début par Passos et que ce dernier aurait profité de sa maladie, j'ai trouvé ça extrêmement pathétique. Max Payne, sobre depuis peu, comprend que quand il était une loque, on a fait de lui ce qu'on voulait, et que ces mêmes gens aujourd'hui le laissent crever. Grand moment : dans la voiture du flic qui le sort de ce pétrin, Da Silva, Max lui dit qu'il connait Passos de l'académie de police, où ils ont étudié ensemble. Mais c'est Passos qui lui a dit ça et qui a prétendu le reconnaître, dans un bar de New York où déjà Max avait les cellules grises trempées dans du whisky. Et Da Silva lui répond "vraiment ?" et Max est incapable de lui répondre. Il était tellement au fond du trou qu'il n'a même pas pu se demander si Passos avait réellement fait l'académie avec lui. Peu importe que ça soit vrai ou faux ; ce qui est fort c'est que Max ne le sache pas et qu'il ne le réalise que maintenant, des mois et des mois après que ce même Passos l'ait amené dans un pays dont il ne connait pas la langue et l'ait fait travaillé pour des gens en qui il ne peut pas avoir confiance. Et le plus tragique c'est qu'au Panama n'importe qui aurait réagi à ce que Max Payne voit et entend. N'importe qui aurait compris que les Branco et Passos agissent dans son dos, voire le manipulent. Mais pas Max dans l'état dans lequel il était à ce moment précis.

J'ai été pris d'empathie à ce moment-là et j'ai vraiment espéré que Max n'en finisse plus de se casser la gueule, jusqu'à ce qu'il prenne les armes et fasse tout péter. Mais non. Ça partait mal, il est abandonné par son ami au milieu des méchants ; pas grave, Da Silva arrive avec sa voiture au même moment "comme par hasard" et lui dit de grimper. Déjà pour que Max pète un câble faut qu'il soit seul, quelle idée de lui filer un partenaire. C'est mauvais pour le désespoir, tout le monde sait ça. La suite bah c'est Max qui tombe sur un trafic d'organes et qui décide d'y mettre un terme. Trop. Bien.

J'ai donc été extrêmement déçu par l'histoire de Max Payne 3. La scène au Panama m'a fait rêvé mais maintenant que je la refais et que je connais la platitude de ses conséquences, et bien elle perd à peu près toute sa force. Reste la scène pas trop mal de rail shooting en hélicoptère pour protéger Giovana, poursuivie sur le toit d'une discothèque par des types bien décidés à lui faire du mal. La musique est top, elle induit une bonne tension, la visée est tendue parce qu'avec l'arme au laser qui nous est imposée le réticule disparaît et Giovana a beau s'enfuir, des méchants continuent d'arriver. Ensuite on se pose et on continue à pied. Pas mal.

Restent les fusillades et les déplacements, ce que le jeu nous donne à vivre manette en main. J'ai pas grand chose à en dire, pour l'instant j'ai fini le jeu en facile, c'était pas passionnant ni vraiment palpitant - ce qui donne raison à ma tendance à commencer direct en difficile. Je le refais en normal et je dois un peu plus m'appliquer, mais bon. J'attends de le terminer et peut-être de le refaire en difficile si j'ai le courage, et je mettrai à jour cette critique. Néanmoins je peux amener un bémol : on est vraiment obligé de se coller à un mur (en appuyant une fois sur carré) pour se protéger, on ne peut pas juste se positionner manuellement, c'est inefficace. Pour deux raisons. La première, c'est la caméra : comme elle est de côté, on ne peut pas se placer précisément au bord d'un muret ou d'une colonne, on arrive tout simplement pas à voir si notre corps dépasse ou non. La deuxième raison, c'est les déplacements. Max a moins d'inertie que les précédents personnages de Rockstar (et heureusement pour un TPS), mais encore pas assez pour pouvoir bouger latéralement de manière précise et sensible. Ça plus la tendance à ne plus bouger dès qu'on est contre un mur, ça rend la couverture manuelle très hasardeuse, assez impossible à mettre en oeuvre. Je le regrette, parce qu'on est quand même dans un registre nerveux, de visée et de déplacement, et devoir se coller comme ça à un mur pour utiliser sa protection, ça me semble inapproprié, on pose sa tente et on se rend vulnérable parce que du coup nos mouvements deviennent très limités. J'ai envie de parler d'un mauvais choix de conception.

La réalisation graphique tue pas mal. Uncharted n'est pas loin à mes yeux. On est dans du très net, très détaillé et très coloré, techniquement ça envoie. Comme à peu près tout le monde je crois, je n'aime pas les effets clipesques pendant les cinématiques et je pointerai du doigt le peu d'expressivité des visages. Souvent j'ai trouvé les cinématiques un peu grotesques parce que l'image n'apportait qu'un décor, un contexte aux dialogues. Les impacts de balle peuvent paraître révolutionnaires mais à moi ils me semblent le minimum syndical pour un jeu de cette génération. Je rappelle qu'il y a pas mal d'années sortait Soldier of Fortune 2 qui met encore la misère à tout le monde au niveau de la gestion des dégâts. Donc les impacts de Max Payne 3, c'est très bien mais pas de quoi non plus crier victoire. C'est juste mieux que 95% de la production de jeux d'action next-gen qu sont nuls à ce niveau.

Enfin, les tentatives de mise en abîme fallait vraiment pas, ça me sort du jeu. Max qui joue au piano le thème de la série et qui commente "c'est la bande originale de ma vie", je dis non. Quand Da Silva qualifie Max Payne de héros de films d'action qui tue plein de gens je dis non aussi. Un peu de respect pour la fiction, mince !

Un autre problème du jeu c'est qu'il utilise beaucoup de cinématiques pour raconter son histoire, au point que les séquences de jeu sont souvent entrecoupées de cinématiques. Face à cette constatation je pose deux questions à Rockstar : avez-vous écrit la bonne histoire pour un jeu vidéo ? Les cinématiques étaient-elles toutes nécessaires au récit ?

Une qualité de Max Payne c'est que les objectifs du jeu sont toujours ceux du personnage et cohérents avec ce qu'on nous montre dans les cinématiques. Ceci est contrebalancé par la fin dans l'aéroport à mon goût limite abstraite (c'est une véritable armée qui s'empare du lieu) et les multiples défis que lance le jeu dès la première partie (challenges, objets secondaires à ramasser). Forcément quand on se met à orienter son style de jeu en fonction de défis du menu et pas de la meilleur façon pour remporter la victoire, celle de Max, forcément messieurs les développeurs la narration en prend un coup. Et il va bien falloir un jour s'en rendre compte.

Dernier point, les animations. Je serai bref, je ne suis pas un grand fan du moteur Euphoria. Ok, le corps des ennemis réagit aux impacts, ce qui n'est pas le cas dans tous les jeux, mais je trouve que les animations produites par ce moteur transpirent la molesse, manquent singulièrement de nervosité. Je me faisais la même remarque lors des fusillades de GTA IV. Enfin, les cinématiques de Max Payne 3, comme celles des autres jeux Rockstar, me semblent assez souvent saccadées. Elles filment les personnages qui s'animent mais leurs animations ne me paraissent jamais vraiment naturelles, jamais vraiment fluides.

Si jamais je développe mon point de vue sur le gameplay du jeu je mettrai à jour cette critique (nous sommes le 1er juin 2012).

MàJ 1 : il y a plusieurs points sur lesquels j'aimerais revenir à propos du système de jeu de Max Payne 3. Quand j'ai écrit ma critique peu après la sortie (en mai 2012) je n'ai quasiment pas abordé cet aspect, déçu que j'étais par le scénario. A ce moment-là je l'avais terminé en mode facile sur Playstation 3. Depuis, je l'ai fini en mode difficile sur PC, en mode difficile sur PS3 et finalement aujourd'hui en mode « à l'ancienne » sur PS3.

Bullet Time et vitesse des ennemis

La première chose qui me chagrine c'est le concept du Bullet Time. Il ne s'agit pas seulement ici de ralentir le temps, mais aussi de ralentir les ennemis. En mode ralenti les ennemis sont plus lents, ce qui rend possible les manœuvres d'évitement des balles comme courir sur le côté. Le problème c'est qu'il est tout à fait impossible de les éviter hors du ralenti, la vitesse des ennemis étant telle que les pas de côté même continus ne permettront pas de ne pas être rattrapés par leur réticule. D'un côté cette règle donne un rôle essentiel au Bullet Time, d'un autre elle décourage la performance de précision et de mouvements en temps réel. Peu importe de manier la manette comme un dieu du TPS run'n'gun, les ennemis sont de toute façon trop compétents. Personnellement je trouve ça très frustrant ; la précision chirurgicale du réticule même en course (c'est toujours un point immuable, comme dans les premiers épisodes), fait rare sur cette génération, ainsi que la vitesse tout à fait correcte des déplacements induisent en erreur. Si les développeurs voulaient décourager l'approche run'n'gun temps réel, ils n'auraient pas dû la laisser apparaître comme un style de jeu envisageable.

Déplacements

Les déplacements de Max ne vont pas. On parle d'un TPS précis et dans une certaine mesure run'ngun, on a besoin de contrôles fiables à 100 % tout le temps, autrement dit d'un personnage qui répond bien. Ce n'est pas le cas ici. Max se bloque contre des éléments du décor, ne s'arrête pas toujours pile poil quand on lâche la manette et peut mettre un certain temps pour se retourner en pleine course. En déclenchant un Shootdodge (saut au ralenti) le constat s'aggrave, avec un Max Payne changé en rag doll à l'atterrissage et qui pour peu que la surface n'est pas plane réagira n'importe comment, à l'envi du moteur physique. Là est probablement le centre du problème : le corps de Max, loin d'être soumis à des règles fixes avec lesquelles on pourrait composer, est trop régi par la physique et son aspect aléatoire. J'ai une impression de faux contrôle en jouant à Max Payne, de contrôle peu fiable. Si je ne fais pas attention à tout moment il peut m'échapper, se bloquer contre un mur, aller un peu trop sur la droite et sortir de sa couverture. Je comprends le souci de donner à Max un corps au sens terrien du terme, mais des jeux comme Killzone 2 et Cryostasis ont pris eux aussi ce parti sans pour autant refuser un contrôle fiable à tout instant au joueur.

Réticule qui ne veut pas rester en place

Vous savez le point qui sert de réticule de visée ; et bien il disparaît régulièrement, à chaque fois que Max arrête de tirer et qu'il ne pointe pas d'ennemi. Le résultat c'est qu'on est complètement démuni quand surgit un ennemi. Il faut donc quand on progresse avec prudence viser à l'épaule (touche L1) pour que Max lève son arme, que le réticule apparaisse et qu'il reste à l'écran pendant une dizaine de secondes avant d'à nouveau disparaître. Il est à noter que dans le mode multijoueur, le point reste constamment à l'écran, on est tout le temps prêt au combat. Pourquoi ne pas avoir fait de même dans la campagne solo ? M'est avis pour se prévaloir d'une expérience cinématographique de folie qui ne sera pas gâchée par un vulgaire réticule de jeu vidéo.

Caméra de côté

Mais le défaut majeur de Max Payne 3 c'est sa caméra de côté quand le point est affiché. On est constamment à devoir la changer de côté. Comprenons-nous bien : il y a du tir à l'épaule en mode couverture dans Max Payne 3 et ce n'est pas dans ces situations que le problème se pose. C'est quand est debout et qu'on tire en déplacement libre. A ces moments-là c'est juste une horreur. Si la caméra est à droite de Max, toute cible à sa gauche est soit masquée par son corps soit très longue à pointer (parce qu'on part de plus à droite que le centre). Il faut alors appuyer sur le bouton gauche pour placer la caméra à gauche de Max (et c'est le bouton droite pour la mettre à droite). Ok, le placement du bouton est particulièrement nul puisqu'il oblige à lâcher le stick de déplacement. Mais même si la commande de changement de côté était sur L3 (le clic du stick gauche) le problème serait le même : ça n'a aucune sorte de pertinence d'handicaper le joueur pendant les fusillades avec une caméra de côté à gérer. Je ne vois pas le sens ou l'intérêt que ça a de se battre avec une caméra pour pouvoir voir ET TOUCHER les ennemis. « Et toucher » en majuscule parce que le côté de la caméra détermine en plus ce qu'on peut toucher.

C'est l'absurdité ultime du jeu ça. On ne fait pas juste bouger de droite à gauche la caméra avec les touches directionnelles correspondantes. On translate le référentiel selon lequel le jeu calcule ce sur quoi on peut tirer ou non. C'est dingue. Ce que peut physiquement toucher Max n'a pas d'importance, le référentiel n'est pas sur lui. Max aura beau être derrière un mur, si sur sa gauche il y a une ouverture de porte et que la caméra est à gauche, on pourra tirer sur ce qui se trouve derrière le mur, dans la limite de l'angle de caméra. On peut donc dire que d'une certaine manière on ne contrôle pas Max Payne dans Max Payne 3. Quand le réticule est de sortie on contrôle un référentiel invisible lié à Max qui se balade à gauche et à droite. Ça, ça fait mal à l'immersion.

Sensibilité du stick

Autre sujet qui fâche, la façon dont le stick de visée est géré. Il y a de quoi donner du grain à moudre aux pécéistes intégristes vu la difficulté que j'ai à ajuster mes cibles sans recourir à la visée épaule noobesque feat. zoom et réticule ralenti. J'arrivais à être bien plus précis dans le premier épisode de Socom sur Playstation 2.

Dernier souffle

Enfin, le « dernier souffle » est une très mauvaise idée de Max Payne 3. Absent du mode « à l'ancienne », il déclenche si tant est qu'on a des antalgiques un ralenti au moment de la mort, qui permet d'en utiliser un à condition qu'on abatte l'ennemi qui nous a descendu, avec la caméra qui se bloque sur sa position par dessus le marché. L'effet pervers du dernier souffle, c'est qu'il nous permet de gagner en jouant n'importe comment du moment qu'on a des antalgiques. On n'a pas à éviter de mourir ou consommer ses antalgiques au bon moment puisque si on le fait pas on s'en sortira quand même. « N'importe comment » j'exagère, mais on a tout de même beaucoup trop de latitude.

Retours joueur : ennemi visé, ennemi tué

Pour clore ce texte, abordons deux retours au joueur. Le réticule qui devient rouge en passant sur un ennemi est une mauvaise idée, mais aussi une bonne pour de mauvaises raisons. Une mauvaise parce que ça rend le jeu crétin, on déplace son point et dès qu'il est rouge on sait qu'il est sur un ennemi, on a pas trop besoin de regarder derrière (la différence a été frappante pour moi en désactivant ce rouge dans les options). Une bonne idée pour la mauvaise raison que sur PS3 le jeu manque vite de lisibilité avec l'aliasing et toutes les merdes graphiques que je ne connais pas et qui rendent les jeux consoles visuellement pathétiques par rapport à leurs versions PC, total j'ai souvent eu du mal à distinguer un ennemi un peu lointain du décor et là j'ai regretté mon point rouge. La version PC est vraiment au-dessus en terme de lisibilité et de fluidité (60 ips contre je pense un peu moins de 30 sur PS3) et de fait je l'ai trouvé bien plus facile (!).

Rockstar a dû se rendre compte dans GTA IV comment leur retour au joueur pour un ennemi tué était foireux (car inexistant). On ne savait pas quand un ennemi était mort, il n'y avait aucun signal visuel clair dans les animations parce qu'il fallait qu'elles soient trop réalistes tu vois (je déteste la physique des corps de Rockstar, je me sens tellement seul que je devrais créer un groupe Facebook) et aucun signal sonore non plus. Comme Max Payne 3 est construit sur GTA IV (rien ne se perd tout se transforme), le même problème s'est posé aux développeurs.

« Bon on n'a toujours pas de retour au joueur pour quand il tue un ennemi, et comme là on fait un pur TPS ça risque de faire tâche, une idée ? »

« Dan, t'as bien dit que tu voulais plein d'effets visuels épileptiques pour représenter à l'écran les tourments de Max Payne, n'est-ce pas ? »

« Ouais c'est l'idée du siècle. L'image sera aussi torturée et nauséeuse que le héros. Ce sera d'enfer. »

« D'accord, donc pourquoi pas faire un petit flash à l'écran quand Max tue un ennemi ? En plus comme ça fait monter sa jauge d'adrénaline c'est pas si con. »

« Ouais j'aime bien. Allez on fait ça. De la narration les gars, de la narration ! Putain on va tous les bluffer. »

Voilà, donc Monsieur Houser et ses concepteurs ont préféré avoir recours à un artifice visuel plutôt que de demander au joueur d'observer un truc précis sur les corps ennemis, ou encore écouter un râle particulier. Solution de facilité qui ne va pas dans le sens de l'immersion, on tire sur un type jusqu'à voir l'écran s'illuminer, c'est un peu crétin.

Avant de se laisser

Toujours au rayon des retours, ne comptez pas non plus sur des impacts visibles pour diriger votre tir en aveugle. Zéro de ce côté. Ci-dessous pour terminer une image de Socom, qui prouve qu'on peut très bien faire un TPS avec caméra centrée sans que le personnage gêne la visée.

MàJ 2 : depuis, j'ai littéralement essoré Max Payne 3 jusqu'à réussir à le terminer en une session sans mourir (et accessoirement le platiner). J'ai vraiment appris à l'apprécier, tant dans son interactivité que dans son scénario. La thématique du Brésil en proie à une corruption infinie me terrifie et me fascine à la fois. J'ai retrouvé cette ambiance dans le film A Divisão, que j'ai apprécié aussi.

Finalement, je considère Max Payne 3 comme la plus grande réussite du studio Rockstar.

La version PC est plus nette, plus fluide et plus rapide à charger que la version PS3. Mais cette dernière reste très jolie avec des couleurs vives, et j'ai plus apprécié les contrôles au Dual Shock 3 (PS3) qu'à la manette 360 (sur PC). Les deux versions sont très bien.

Verdict = vaut le coup !

Max Payne 3 (PS3) // Le trophée « Les ombres me poursuivaient »

J'écris ce billet pour partager avec vous mon défi du moment, à savoir obtenir le fameux trophée « les ombres me poursuivaient » du jeu Max Payne 3 sur PS3 :

La minute new-yorkaise "fou furieux" est une variante de la minute new-yorkaise "normale".

La minute new-yorkaise est un mode de Max Payne 3 qui propose de terminer chaque chapitre sans mourir et avec un chrono de une minute à ne pas dépasser. Bien sûr une minute ne suffit pas à terminer un chapitre, c'est pour cela que l'on gagne des secondes supplémentaires en tuant les ennemis.

Une exécution au corps à corps rapportera plus de secondes qu'un tir tête, qui lui même en rapportera plus qu'un tir dans le ventre. Les meurtres par explosion rapportent aussi un paquet de secondes en plus. Ainsi, terminer le niveau avec le plus de secondes possible au compteur constitue le défi scoring de la minute new-yorkaise.

Ceci dit le mode en lui-même n'est pas aisé à terminer. Certains chapitres sont particulièrement chauds à finir sans mourir, tandis que d'autres nécessitent une grande maîtrise du chrono pour ne pas voir s'égréner le compteur avant la fin du chapitre. Donc avant de penser score et les médailles de chaque niveau, il faut déjà terminer comme on peut les quatorze chapitres du jeu dans ces conditions. Ce qui nous octroie un trophée, que j'ai obtenu pas plus tard qu'hier :

Ce faisant j'ai donc débloqué la minute new-yorkaise fou furieux. Cette variante consiste tout simplement à s'enquiller l'ensemble des chapitres en une seule vie et en commençant avec un chrono de une minute.

Le bon côté c'est que si on gère bien les premiers chapitres, on n'a plus à se soucier du chrono qui heureusement ne redémarre pas à chaque chapitre mais conserve bien les précieuses secondes supplémentaires cumulées depuis le début. Concrètement dès le chapitre trois on est peinard en terme de temps, ce qui laisse le luxe de la lenteur dans les chapitres les plus chauds à venir.

Non le vrai défi ici c'est de terminer le jeu sans mourir. C'est LA grosse difficulté. Pas tant pour les fusillades "classiques" qui se révèlent étonnament "justes" (au sens "fair") à partir du moment où l'on maîtrise le ralenti et le cover, mais pour les multiples instances où le jeu menace de nous tuer en traître si l'on échoue un petit défi pas toujours clair.

Par exemple, dans le chapitre 5, lors de la poursuite en bateau, Max se retrouve à un moment suspendu au-dessus du bateau des ravisseurs de Fabiana au ralenti. A cet instant, en un temps très limité, sans que le jeu te le dise, tu dois tuer cinq types parmi ceux qui entourent Fabiana. Si par mégarde tu plombes Fabiana (qui ne se détache pas bien visuellement des méchants) ou si tu échoues à descendre cinq types avec le compte-à-rebours invisible, tu as perdu, game over.

Je fais maintenant le récit bref de mes différentes tentatives de terminer la minute new-yorkaise "fou furieux". Notes :

  • j'ai récupéré sur mon smartphone une liste écrite de l'emplacement de tous les painkillers (PK) du jeu, que je consulte régulièrement en jouant

  • avant chaque chapitre je m'entraîne sur ce chapitre sur mon PC, sur la version Steam du jeu, dans le mode score attack


 

PREMIERE TENTATIVE : échec

Je suis mort au cours du chapitre 2, en hélicoptère, en devant protéger Giovanna. C'est quand Giovanna se retrouve tout au bout de la passerelle et qu'un type surgit devant elle. Giovanna est d'abord devant le type, ce qui m'a fait différer le tir. Le temps que j'ajuste ensuite, il était sur elle et lui mettait une balle dans le bide. Game over.

Note de rage : 1/10, c'était une tentative "de chauffe", pour du beurre.

 

DEUXIEME TENTATIVE : échec

Je suis mort au chapitre 8, au moment où Max doit tirer sur les ennemis qui prennent pour cible Passos qui vient de tuer l'un des leurs d'une balle dans la tête. J'ai tardé à les tuer, ils ont tué Passos.

Après j'ai refait le niveau en mode score attack et j'ai compris un truc sur ce passage que je n'avais jamais capté : en fait il ne s'agit pas de tuer tous les ennemis pour sauver Passos, mais simplement de s'approcher suffisamment d'eux pour qu'ils lâchent Passos et prennent Max pour cible. Normalement en faisant ainsi je n'aurai plus de surprises à cet endroit.

Note de rage : 4/10, j'étais tellement tendu que ça m'a quelque part "soulagé" de perdre. Je pense que je n'étais pas encore suffisamment prêt. Mais quand même, j'étais arrivé à la moitié du jeu quoi.

 

TROISIEME TENTATIVE : échec

Je suis mort au chapitre 1, vers la fin, dans une fusillade standard du parking sous-terrain, je n'avais plus de PK. Je n'étais pas en forme.

Note de rage : 1/10


 

QUATRIEME TENTATIVE : échec

Je suis mort au chapitre 3, à la fin, là où on monte un escalier avec un sniper qui nous vise. D'habitude le sniper ne me touche jamais, là il m'a touché, pourquoi ? Après enquête dans le mode histoire, c'est en fonction du temps d'exposition à son laser : on peut le garder minimal si on longe le mur de gauche durant la première partie de la montée. Je le retiens pour mes tentatives suivantes.

Note de rage : 2/10, je n'y croyais pas trop là, fatigué et mal aux yeux je m'arrête pour aujourd'hui.


 

CINQUIEME TENTATIVE : échec

I was doing great, until I killed Fabiana at the end of chapter 5 ! J'étais sûr que je me planterais un jour à ce passage car dans le mode histoire ça m'est arrivé plusieurs fois de la confondre avec les bandits autour d'elle. Fait chier !

Note de rage : 5/10


 

SIXIEME TENTATIVE : échec

Mort au chapitre 7 à cause d'un BUG. Quand on arrive face à une porte fermée par un cadenas à shooter, on avance sur la porte et une cinématique doit démarrer. La cinématique n'a pas démarré, à la place je suis entré, tourné à droite vers la seule voie possible et tombé dans un puits sans fond, hors du niveau… Après quelques secondes, miracle, la cinématique s'est déclenché, mais dès sa fin j'ai eu droit à un cinglant game over aussi improbable qu'impitoyable.

Note de rage : 6/10


 

SEPTIEME TENTATIVE : échec

Mort au chapitre 7 encore, à cause d'un BUG encore. Le type qui surgit sur un toit et tire une fusée vers le ciel ? J'ai été très rapide et je l'ai buté avant qu'il tire sa fusée. La suite du niveau était vide d'ennemis et de scripts, jusqu'à une porte ne s'ouvrant elle-même qu'avec un script… Obligé de contempler impuissant le chrono descendre jusqu'à zéro pour avoir trop bien joué.

Note de rage : 6/10


 

HUITIEME TENTATIVE : échec

Mort au chapitre 7 encore, one-shot par un cocktail molotov dans la première arène où on en reçoit vers la fin du niveau. J'ai refait ensuite le niveau en mode histoire et j'ai compris que la bonne démarche est de rester planqué derrière le bout du mur initial et de descendre le plus vite possible le mec sur le toit le plus haut qui est le seul à lancer des cocktails.

Je suis resté zen néanmois. C'est un challenge zen de toute façon. Il faut être en paix avec l'idée de recommencer plusieurs fois depuis le début.

Note de rage : 4/10


 

NEUVIEME TENTATIVE : échec

Mort au chapitre 14 ! Le dernier du jeu ! Dans la toute première salle. J'ai très mal géré, usé mes deux PK initiaux, me suis retrouvé avec plus qu'une balle et deux types au-dessus de moi et ma santé dans le rouge jusqu'à la tête. J'étais perdu…

A part ça le passage qui m'a donné des sueurs froides c'est la fin du chapitre 10, quand on est dans le bus et qu'on doit tuer tous les types qui nous assiègent pour protéger la fuite de Giovanna. Tous mes PK y sont passés et certains types se trouvaient tellement à gauche de l'écran que je ne pouvais pas les viser ! Juste les atteindre en tir à l'aveugle et encore, quand il voulait bien se déclencher.

Sinon le chapitre 11 au Panama ça allait, le 12 dans l'hôtel délabré ça allait aussi, le 13 dans le commissariat je me suis suffisamment entraîné pour que ça passe plutôt bien assez facilement. Mais le début du 14… J'aurais pas pensé pouvoir mourir là. Alors qu'en fait, c'est peut-être le passage le plus chaud du chapitre 14 puisqu'on commence sur un tapis roulant sans cover, avec juste un flingue avec peu de munitions et deux PK. Tout le reste du chapitre finalement on peut le prendre à son rythme, et même le boss final j'y arrive quasiment à chaque tentative. Mais cette première pièce… C'est la merde.

Je n'ai jamais été aussi proche de réussir la minute new-yorkaise fou furieux. En soit j'étais vert et livide quand j'ai vu l'écran de game over ; mais d'un autre côté, force est de reconnaître que j'ai été capable aujourd'hui 3 février d'arriver jusque là sans trop de soucis.

Je pense refaire pour m'entraîner l'assaut dans le bus du chapitre 10 ainsi que la première salle du chapitre 14. Ca ne servirait à rien de commencer une nouvelle tentative si ma survie lors de ces deux passages est aléatoire.

Je trouve toujours ce challenge délicieux. C'est un défi pour les nerfs, le self control. Mais c'est aussi un défi qui demande de maîtriser le jeu presque à 100%. De n'être surpris ou pris à défaut par rien du tout. Ca demande d'arriver à un état de maîtrise où concrètement tu as plus de chances en jouant n'importe quel niveau de le finir sans mourir que de te faire tuer une seule fois. C'est très intéressant. Peu de jeux que j'ai fait m'ont demandé cela. On doit à la fois dominer toutes les mécaniques/règles, être très bon à la manette et aussi savoir déjouer par coeur tous les pièges "mort instantanée" que compte le jeu.

Je pense que j'y arriverai, si je ne perds pas la motivation et que je soigne mes conditions de jeu (faire des pauses notamment).

Note de rage : 6/10


 

DIXIEME TENTATIVE : victoire !

Mon Dieu, j'ai éclaté d'un rire de dément une minute après l'avoir eu. Et ce pendant bien une minute. Le trophée le plus épique que j'aie jamais eu.

Vendredi soir j'ai fait les onze premiers chapitres puis mis le jeu sur pause pour dormir. Samedi je n'ai pas pu continuer mais je me suis un peu entraîné (sur PC) sur le début et la fin du chapitre 14, séquences pour lesquelles j'ai développé une stratégie à peu près sûre et gagnante.

Et donc ce matin j'ai repris la manette PS3, sorti fébrilement du menu pause et poursuivi mon chemin dans l'hôtel sordide du chapitre 12, le commissariat du chapitre 13 (sans problème) et finalement l'aéroport du chapitre 14… J'ai suivi mes stratégies et, sans réussir à les appliquer parfaitement (raté un ou deux types, mis plus de temps que prévu), je suis arrivé à battre Becker, le boss final. Après il restait la formalité de la piste d'atterrissage mais c'était très improbable que je me plante là donc je sentais la victoire proche. Et comme prévu, je ne me suis pas loupé et j'ai démoli l'avion de cette ordure de Victor, pour voir s'afficher le magnifique écran ci-dessous :

Le trophée a bien été enregistré sur les serveurs du PSN :

Je suis encore nerveux, limite tremblant. Je suis refait d'avoir remporté ce trophée. Ce défi a été mon plus grand défi de jeu vidéo jusqu'à ce jour, en tout cas celui qui m'a le plus fait plaisir de réussir. Beaucoup de trophées s'obtiennent de façon laborieuse, pas marrante. Les ombres me poursuivaient n'est pas de cette nature ; c'est un challenge zen, de compétences et de connaissances, ultra gratifiant.

On réalise de plus que finir le jeu en enlevant une partie des cinématiques (ce que propose ce mode) ne prend pas tant de temps que cela et surtout que le système de jeu est incroyablement juste, qu'il n'exige ni chance ni réflexes surhumains pour être complété sans mourir. A mon sens c'est réellement remarquable. J'ai plus d'estime pour ce jeu après avoir fini ce mode.

Note : j'ai désactivé les vibrations sur mes dernières tentatives. Autant j'adore cette fonctionnalité, autant pour la performance pure je trouve qu'elle "déconcentre".