À propos du vidéogiciel : Killzone

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jeudi 9 septembre 2021

Killzone (PS2)

Le 2 février 2006

Annoncé comme le Halo-killer de la PS2, qu’en est-il finalement de Killzone ? Pas si terrible que ça en fait, mais voyons tout cela plus en détail…

Killzone n’est pas à proprement parlé le jeu qui arrive là en plein décembre sans qu’on l’attende, tout brave avec pour seule ambition de nous distraire un petit peu du froid traversant nos contrées. Non, Killzone c’était le jeu qui voulait mettre un bon coup de pied aux fesses de la Xbox, qui devait servir de porte-voie à Sony pour crier à Microsoft "TU VOIS, MOI AUSSI JE PEUX FAIRE UN BON FPS SUR MA PLAYSTATION !!!". Je n’ai pas joué à Halo. Je ne sais pas si Killzone pulvérise Halo ou bien l’inverse. Tout ce que je sais, c’est que Killzone est loin d’être une tuerie, encore moins une révolution, et qu’il gâche un énorme potentiel esthétique à cause d’une histoire, de personnages totalement à côté de la plaque.

Techniquement, Killzone assure vraiment. Les graphismes sont détaillés, les environnements crédibles et bien rendus. Pourtant, il manque une véritable identité au projet. Les développeurs de Guerilla ont pompé un peu partout dans l’histoire du ciné et du jeu vidéo et ont rejeté dans Killzone tout ce qu’ils avaient retenu. Il manque malheureusement une certaine cohérence à tout ça, un certain lien, une identité esthétique qui ferait que les décors de Killzone, le style de l’univers, soient reconnaissables entre 1000 ; ce n’est pas le cas, et c’est bien dommage, car vu la qualité du moteur graphique, il y avait moyen à ce niveau de faire une bombe vraiment incroyable sur Playstation 2. Ils ont claqué beaucoup beaucoup de sous dans la création de ce jeu, tout ça pour créer un environnement qui manque singulièrement de personnalité. C’est bien triste.

Penchons-nous sur le gameplay maintenant. La maniabilité est très classique pour un FPS console, à ceci près que les personnages sont très lents. Le souci est ici est de créer des déplacements réalistes, moult mouvements de caméra suivant le regard du personnage joué à l’appui. C’est très réussi. Le seul problème vient des gunfights : les armes sont peu précises, les ennemis ont une barre de vie, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas fauchés par une rafale. C’est très mauvais pour la nervosité des affrontements, et sur ce point Killzone passe encore à côté de la réussite. C’est dommage, encore une fois. Autre point négatif, la gestion des impacts, tout simplements inexistante. Oui, moi aussi je pleure…

Mais là où Killzone m’a fait le plus mal, c’est sur l’élément qui aurait pu tout sauver, mais qui ici, achève la fadeur du projet : le scénario et les personnages. Les 4 héros sont des stéréotypes ambulants, mais comme vraiment vous en avez très peu souvent vus de tels : le guerrier de base, équilibré, patriote et qui ne flanche jamais, la femme sniper sans âme, inconsistante – voici un dialogue entre eux deux, entre deux fusillades faisant des dizaines de morts :

ELLE : attends Templar, tu es en train de me demander si j’ai couché ??

LUI : euh, mais non

J’applaudis, rien à dire. Nous avons ensuite le gros bourrin qui se balade toujours avec sa gatling, et le renégat ennemi froid et dark… un seul mot à dire : NUL. Et le scénario c’est pareil : une pauvre histoire de guerre sans aucun rebondissement, ah si, UNE trahison dont le principal acteur est un gros méchant doté d’une tête de méchant qu’on détecte dès le début de l’histoire en se disant "je donnerai ma main au feu qu’il est méchant". DOMMAGE, parce que quand on traverse ces décors apocalyptiques à feu et à sang, qui marquent vraiment le déclin de l’humanité et de la technologie, on se dit que tout aurait été vraiment mieux avec un vrai projet de fond, c’est-à-dire un scénario consistant, des personnages travaillés et une esthétique ambitieuse et artistique. Mais encore une fois, on passe à côté du chef d’oeuvre !

Pour autant Killzone est-il tout à jeter ? Certes non. Même s’il n’est pas très amusant, il fera passer le temps avec ses décors imposants pour de la ps2, le design des armes (monstrueux lui par contre), et SURTOUT, le mode online. Ah, ce bon mode online qui sauve les meuble ! Moins bien que celui de Socom, il m’a pourtant permis de jouer des parties que je n’oublierai pas de sitôt.

Le jeu consiste en une lutte entre extraterrestres et humains (les extraterrestres étant des humains mutants, les capacités et les armes sont les mêmes), ou en un match à mort chacun pour sa peau. Quoiqu’il en soit, on renaît dans les quelques secondes suivant notre mort, les parties sont donc très rythmées et ne souffrent pratiquement d’aucun lag. Ce qui est vraiment cool dans le mode online de Killzone, c’est l’ambiance vraiment guerrière des conflits : quand on joue les Helghasts (les mutants), on est vraiment décidé à fumer ces salauds d’humains, et ce coûte que coûte ! on s’épaule, on se couvre au snipe, on prend des positions (les assauts sur la plage sont dantesques) et on tente de les conserver le plus longtemps possibles pour permettre à ses alliés de gagner du terrain et finalement parvenir à conquérir la forteresse ennemie, ceci en détruisant les deux générateurs présents chez eux – ça c’était le mode Assaut.

Les parties nous mettent en scène dans une guerre terrible et impitoyable où seule la victoire compte ! Je ne vous dis pas le trip quand, à dix secondes de la fin, et armé d’un pauvre fusil d’assaut helghast (avec pour tir secondaire une cartouche de fusil à pompe), tu piques un sprint dans la forteresse de l’ISA (=les humains) et que t’arrives dans la salle des générateurs, que tout les keums te tirent dessus, mais que toi, comme un héros, tu fonces en vidant ton chargeur sur l’ultime cible, le dernier géné en marche, en sentant plein de balles te traverser le corps grâce à la fonction vibration de la manette, et qu’au dernier moment, quand t’as plus de vie et qu’il te reste 2 secondes avant d’avoir perdu, ta pupille se rétracte face à une vive explosion de lumière provenant de l’endroit que tu canardes avec l'énergie du désespoir… VICTOIIIIIIIIIIIRE !!!!!!!!!!!!

C’est trop bon, et pour cela, Killzone vaut d’être expérimenté !

P.S : le snipe tue en un coup. héhé…

Verdict = vaut le coup !