Fears to Fathom : Woodbury Getaway (PC)

Développé par : RAYLL STUDIOS (Inde)

Sorti à l’origine en : septembre 2024 (Europe, version PC)

Comment j’ai pratiqué : Terminé en 3h environ (une seule session), sur Steam Deck avec la manette 360. 60 images par secondes, résolution 720p sur ma télé. Édition Steam version du 28/03/2025 (numéro interne au VG : 1.14). Textes en français, voix en anglais avec sous-titres (sauf les messages vocaux sur le téléphone).

Bidouilles diverses : J’ai créé une configuration Steam Input personnalisée pour pouvoir pratiquer le VG à la manette car le support manette est incomplet : stick gauche pour se déplacer (tel quel), stick droit pour orienter le regard (souris), Y pour se lever (espace), B pour s’accroupir (C), X pour jeter un objet (G), start pour le téléphone (échap), RB pour interagir (clic gauche), RT pour zoomer / boire (clic droit), LB pour courir (majuscule gauche), LT pour ouvrir une canette (molette vers le haut), flèches haut-bas pour balayer l’écran du téléphone (molette souris) et flèches gauche-droite pour l’activité pêche (Q et D).

Dans le cinquième épisode de Fears to fathom, vous jouez Sydney Harper, une femme de 23 ans travaillant dans un cabinet de conseil qui organise un weekend d’escapade dans une location à Woodbury avec ses amis de l’université. Jamais ils n’auraient pu imaginer ce qui allait se dérouler durant leur séjour. Sydney a survécu car elle a fait les bons choix.

Le Gameplay
Ce jeu est principalement un simulateur de marche narratif à la première personne avec des mécaniques d’exploration, de conduite, de pêche et de dialogues.

Aspects-clés
● Environnement atmosphérique et graphismes photoréalistes.
● Esthétique de film VHS.
● Mécaniques de pêche.
● Recevez des messages des PNJs.
● Activité vocale du joueur.
[1]

J’ai pratiqué FTFWG avec mon amie Krystel en se passant régulièrement la manette vu que le VG est uniquement solo. J’ai apprécié l’aspect « simulation de vie » et le côté très humain de l’histoire racontée. J’ai été gêné par la traduction française immonde, les moments où le VG nous « retire la manette des mains » en pleine interaction pour nous fixer dans une discussion, et enfin le manque d’originalité par rapport à l’épisode Home Alone.

Je vous propose de développer maintenant chacune de ces remarques, dans le désordre.

Le manque d’originalité par rapport au premier épisode de Fears to Fathom, Home Alone. Le titre qui nous intéresse aujourd’hui est le cinquième de la série (tous les épisodes sont indépendants). J’ai été un peu déçu de trouver dans FTFWG une sorte de resucée, ou de remake, du tout premier épisode de la série, en version très étendue certes puisque Home Alone durait à peine une petite demi-heure et constituait une sorte de démo pour la série (puisque téléchargeable gratuitement). Krystel m’objecte que l’histoire n’est pas du tout la même : Home Alone mettait en scène un enfant resté seul chez lui, FTFWG une jeune femme dans une maison en location avec un ami pour le week-end. Moi je dis que les expériences sont très similaires parce qu’elles prennent toutes deux place dans une maison de banlieue, avec pour climax une intrusion malveillante qui nécessite de se planquer. En comparaison, Ironbark Lookout me semblait plus original puisque se déroulant en partie dans une forêt et en partie dans une tour d’observation de garde forestier au milieu de nulle part. L’ambiance et le décor ne sont pas les mêmes. FTFWG situe l’histoire en hiver et au milieu d’une tempête de neige, ce qui change par rapport à Home Alone, mais je trouve quand même les deux VG trop proches. « 50 nuances de home invasion en banlieue pavillonnaire » : voilà ce à quoi je ne veux pas voir la série se limiter !

La traduction française lamentable. Phrases incomplètes, accords masculin/féminin aléatoires, traductions littérales, contresens… Et parfois, des phrases étonnamment naturelles et bien adaptées ! C’est une traduction pas du tout fiable, médiocre et qui pour moi nuit activement à l’expérience ; au point que je voudrai pour le prochain épisode rester en anglais. Il faut noter que les traducteurs (amateurs et non payés, de toute évidence) sont bien crédités, mais sous pseudo (au moins pour la plupart).

L’aspect « simulation de vie ». C’est l’une des forces récurrentes de la série à mes yeux. Elle nous immerge dans la peau d’un personnage humain en nous faisant exécuter avec lui des petites tâches comme se faire un café (crémeux si on veut un succès Steam), préparer le repas à partir d’une recette, aller aux toilettes, prendre sa douche, et le tout en faisant attention aux petits gestes logiques et nécessaires, comme par exemple fermer la porte de la douche avant de faire couler l’eau, ou fermer la porte de la chambre avant d’aller au dodo… Cela change des autres VG à la fois par la nature des tâches demandées mais aussi par la méticulosité de leur exécution. Rares à ma connaissance sont les VG à consacrer autant d’efforts à la description de la vie (plus ou moins) quotidienne de leurs persos. J’apprécie ! Et cela nous amène au point suivant…

Le côté très humain de l’histoire racontée. En plus de ce que j’explique dans le paragraphe précédent, je dois dire que la série et particulièrement cet épisode mettent l’accent sur les relations humaines : celle de Sydney avec son ami Mike, les rapports inquiétants avec Rick le propriétaire, la séquence à la pizzeria où l’on peut taper la discute avec tous les clients, la conversation SMS avec Nora, l’auto-stoppeur qui semble nous suivre… Le VG modélise d’ailleurs très bien les différents personnages humains, en appliquant sur leur visage une photo d’une personne réelle (même procédé, très stylé pour ma part, que mon chouchou Forbidden Siren) : ça ne nécessite pas des millions de polygones et le résultat est là. La dimension humaine de l’histoire se ressent aussi dans le soin de la mise en place du contexte : la vraie terreur arrive finalement très tard dans le récit, le gros de FTFWG c’est ce week-end entre amis que passent Sydney et Mike. C’est tout le contraire de vidéogiciels d’horreur plus ou moins abstraits comme Evil Inside ou Visage, où l’on est catapulté dans une maison flippante sans savoir qui on incarne, sans introduction de quoi que ce soit, avec un protagoniste muet sans nom, aucun autre perso avec qui interagir, aucun scénario si ce n’est quelques miettes de lore si on est chanceux, etc.

Les interruptions intempestives d’interaction. Le point qui me fâche un peu, c’est la propension du VG à me « retirer la manette des mains », en pleine interaction, pour fixer mon personnage dans un dialogue (car oui, dans les Fears to Fathom, les dialogues bloquent notre perso face à son interlocuteur). Ce n’est pas que je crains les dialogues dans l’absolu ou bien de voir mes interactions limitées à faire avancer un échange ; j’adore la série Yakuza et ses kilomètres de tirades donc ce n’est pas ça qui m’effraie ! Mais dans Yakuza voyez-vous, c’est moi à la manette qui initie les échanges, je ne suis pas coupé de manière intempestive dans mes mouvements de stick parce qu’un autre perso a décidé qu’il était temps de lui consacrer toute mon attention. FTFWG a une fâcheuse tendance à ne pas nous laisser tranquille alors qu’on observe son environnement, conduit un véhicule… Ce n’est pas comme ça dans tout le VG mais c’est arrivé suffisamment de fois pour que cela m’agace. Je pense que le procédé manque d’élégance et de considération pour le public.

J'apprécie toujours l'approche à la fois humaine scénaristiquement et rétro visuellement de la série Fears to Fathom. Si je devais le refaire je choisirais la langue anglaise plutôt que l'atroce traduction française. Quelques sursauts assez vaches sont à noter ! En conclusion, un bon moment d'épouvante qui prend son temps et soigne sa mise en place, qui se prête d'ailleurs très bien à être parcouru à deux en se passant la manette.
Verdict = dispensable | ok | vaut le coup ! | énormissime

 

Note(s)

  1. ^ Présentation du magasin Steam.

 

Galerie d’images

01a
Le côté simulation de vie est très poussé, avec des actions simples et logiques à réaliser, comme aller se faire un café…
01b
…en n’oubliant pas le couvercle. J’espère juste que la tasse et le couvercle seront réutilisées et pas jetées… Même si on n’est pas franchement dans une culture zéro déchet, comme on le verra avec la pizza…
01c
…j’ai siroté le café en observant la ville la nuit depuis l’étage de l’open space. C’est très joli, et ça paraissait plus clair sur la télé que sur la capture d’écran.
02
Mais MDR à ça. Est-ce que c’est de l’ironie ? Pas certain malheureusement.
03a
La pizzeria apparaît comme un endroit assez vivant, même si les gens mangent chacun dans leur coin…
03b
…j’ai pris une part de pizza fromage, une part margherita, une part végétarienne. Miam ! Par contre, quelle idée de gaspiller un carton alors que l’on mange sur place ? C’est lamentable…
03c
…parfois la traduction semble étonnamment naturelle et pertinente, mais la plupart du temps elle est nullissime et blindée de fautes.
04
Le salon est très cosy, vous ne trouvez pas ?
05
Comme par hasard, on est une femme et on finit par écoper de la vaisselle.
06
On retrouve le côté un brin scato de l’auteur.
07
Comme dans les précédents épisodes, s’accroupir près d’une fenêtre soulève automatiquement le store de quelques centimètres pour pouvoir observer discrètement au dehors. Ici en pleine partie de cache-cache avec Mike.
08
En étant cachée, la porte de la cachette devient transparente et le VG nous écoute via les éventuels micros connectés à l’ordinateur (ici le micro du Steam Deck). Pas de bruit ! Au risque d’alerter ceux qui nous traquent.
09
Le proprio ne cesse de revenir à l’intérieur de la maison à notre insu, c’est affreux. On croit qu’on est seul, et il est là quelque part, en train de faire je-ne-sais-quelle réparation il prétend faire…
10
…jusqu’au moment glaçant (mais un peu classique il est vrai) où l’on reçoit un SMS du vrai proprio disant qu’il n’est pas revenu à la maison depuis des semaines… Ambiance.

 

Commentaires

1. Le samedi 3 octobre 2026, 16:56 par Marie-Thérèse

Ho la la 😱, la fin de la galerie est bien glaçante : le faux proprio qui rôde dans la maison…
J’aurais bien apprécié aussi ces gestes de la vie quotidienne qui prennent tout leur temps et pas aimé non plus être interrompue! Merci pour ce bon moment de partage !

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