Myst | Through the Ages (PC, PS5)
Par Pierre Compignie le jeudi 27 août 2026, 07:00 - Critiques toute neuves
Le « Through the Ages » correspond au titre du bundle vendu sur Steam qui contient les trois versions de Myst : Myst | Masterpiece Edition, realMyst | Masterpiece Edition et Myst (2020). J’ai triché car je ne possède pas ce bundle : j’ai pratiqué les deux premières versions sur Steam et la plus récente sur PS5… Mais je trouvais ce titre magnifique et son usage une manière élégante de désigner l’ensemble des incarnations de l’œuvre.
Développés par : CYAN (Washington)
Sortis à l’origine respectivement en : septembre 1993 (États-Unis, version Macintosh), février 2014 (Europe, version PC) et décembre 2020 (Europe, version Oculus Quest)
Comment j’ai pratiqué Myst | Masterpiece Edition : Terminé en 5h08 sur PC Windows 7 avec clavier-souris. Édition GOG version 2.0.5. Textes et voix en français, sans sous-titres (inexistants).
Bidouilles diverses pour Myst | Masterpiece Edition : Aucune.
Rares sont les élus. Plus rare encore est la réussite.
Vous trouvez un vieux livre usé qui vous transporte sur l’île de Myst. En explorant le paysage surréaliste, vous découvrez que quelque chose a mal tourné.
Quelque chose de terrible.
Vous devez lever le voile sur une vieille trahison. Des livres secrets dissimulés sur l’île de Myst mènent à des mondes incroyables, nés de l’imagination d’un formidable écrivain. Malheureusement, ils sont détruits un à un par les agissements perfides de ses fils.
Mais de quel fils s’agit-il ?
Seuls votre esprit de déduction et votre imagination pourront démêler les fils du mensonge et de la supercherie qui enserrent les mondes de Myst.
Myst: Masterpiece Edition, sorti en 2000, offre une expérience aussi proche du jeu original de 1993 que possible sans lecteur CD-ROM. Une expérience point-and-click fidèle au jeu d’origine, avec des couleurs 24 bits, une musique remastérisée et des effets sonores optimisés.
Commencez votre aventure dans l’un des jeux vidéo les plus vendus avec Myst: Masterpiece Edition.[1]

Comment j’ai pratiqué realMyst | Masterpiece Edition : Pratiqué 5h17 sur PC Windows 7 avec clavier-souris. 30 images par seconde, résolution 1280x720. Édition GOG version 2.2 REV 10535. Textes et voix en anglais, sans sous-titres (inexistants).
Bidouilles diverses pour realMyst | Masterpiece Edition : Aucune.
Sorti en 2014, realMyst: Masterpiece Edition fait évoluer Myst, qui était jusqu’alors un jeu de point & click, à travers une expérience graphique entièrement explorable. Avec entre autres une eau, une météo, un éclairage ou encore de la verdure dynamiques, realMyst: Masterpiece edition marque un véritable tournant dans l’histoire de Myst, et offre pour la première fois aux fans la possibilité d’explorer les moindres recoins des âges.[2]

Comment j’ai pratiqué Myst (2020) : Terminé en 8h43 sur PS5 avec la manette Dual Sense Edge. 60 images par seconde (avec le mode d’affichage « performance »). Édition PS5 version 2.000.000 (numéro interne : 3.30). Textes en français, voix en anglais avec sous-titres.
Bidouilles diverses pour Myst (2020) : J’ai affecté le bouton L3 (clic du stick gauche) sur la palette gauche de la Dual Sense Edge pour une meilleure ergonomie et ménager mon stick analogique.
Bienvenue sur Myst : une île à la beauté brute enveloppée de mystère, aussi étrange qu’énigmatique.
Partez à la découverte de l’île de Myst et des Âges, des lieux grandioses depuis longtemps endormis, et tentez de percer le mystère qui les entoure. À mesure que vous retracez l’histoire de l’île, vous réaliserez que vous jouez un rôle crucial dans une aventure épique dont la fin n’a pas encore été écrite. Démêlez des liens profonds au cœur de ces Âges irréels et époustouflants, levez le voile sur un cruel complot familial, et faites des choix qui affecteront à la fois votre destinée et l’univers de Myst tout entier.
Cyan, le studio indépendant à l’origine du classique acclamé, livre une version réinventée de Myst.
Entièrement redéveloppé, Myst regorge de nouveaux éléments graphiques, de sons inédits, d’interactions repensées et même de casse-têtes optionnels aléatoires. Ça y est… la version modernisée tant attendue de Myst est enfin arrivée !
Désormais, vous pouvez explorer les Âges de Myst dans une toute nouvelle dimension !
Pour la toute première fois, Myst pourra être apprécié dans de nombreuses langues différentes à travers une interface localisée, comprenant des dialogues et des sous-titres liés au contexte. Le Ray Tracing est également disponible via une option Mode Performance sur les matériels compatibles.[3]

Ça y est ! Je me suis enfin lancé dans Myst ! Et plus particulièrement dans mon expérience peu commune de pratiquer les trois versions simultanément. Plus précisément, j’ai décidé de terminer chaque Âge (ou chapitre) dans les trois versions avant de passer au suivant ; mais aussi, de veiller à explorer pour la première fois deux Âges dans chaque version (car il y en a six en tout, enfin, en incluant l’île de Myst). De cette façon, je saurai ce que cela fait de découvrir un Âge dans chacune des trois versions. C’est la solution que j’ai trouvée pour donner sa chance à chaque version.
J’écris ces lignes alors que j’ai terminé l’île de Myst (chapitre 1 sur 6) dans les trois versions, puis l’Âge mécanique uniquement sur Myst (2020). Je vais abréger les titres évidemment, donc disons MME pour Myst | Masterpiece Edition, RMME pour realMyst | Masterpiece Edition et enfin M2020 pour Myst (2020).
J’ai souhaité commencer par M2020 parce que c’était plus rassurant pour moi d’avoir : un contrôle à la manette, un déplacement libre dans un environnement 3D, une accessibilité aux standards actuels (sous-titres notamment) et un affichage sur la télé pour pratiquer depuis mon canapé.
J’avais déjà commencé (très vite fait) MME par le passé et je trouvais ça super intimidant d’être largué sur une île avec des écrans fixes et sans aucune indication d’où aller ou de quoi accomplir. C’est notamment pour ça que j’ai repoussé ma découverte de cette œuvre — alors que j’étais aussi échaudé par mes débuts très difficiles sur Dark Fall, commencé puis exceptionnellement mis de côté l’été dernier, de la même famille « formelle » que MME.
C’est vrai que la représentation en écrans fixes me fait peur ; je crains de ne pas arriver à me repérer, à m’approprier mentalement la topologie de l’environnement ; le fait d’avoir jusqu’à six écrans à observer minutieusement sur chaque « node » me décourage un peu.
C’est-à-dire que dans les VG en pointer-cliquer que j’ai parcouru jusqu’à présent, du moins ceux en vue subjective, on peut à chaque « node » observer son environnement à 360 degrés. Ce qu’on appelle les « nodes », ce sont ces points fixes dans le monde où l’on a la possibilité de se déplacer ; les déplacements ne sont pas libres, on ne peut se rendre que sur des points prédéfinis par les développeurs, que l’on appelle donc des « nodes ».
Et donc pour moi, depuis que je suis tout petit avec les vidéogiciels tels que Égypte, Chine… puis plus grand avec les œuvres de KHEOPS STUDIO (Voyage au Cœur de la Lune)… j’ai toujours connu des nodes où l’on peut observer le monde à 360 degrés. C’est une réelle nouveauté pour moi, qui me repousse assez je dois dire, d’être limité à des écrans fixes à chaque node. Et pourquoi six, et bien qu’on peut avoir la possibilité de regarder le plafond, le sol, vers l’avant, vers l’arrière, à gauche et à droite. Tous les nodes n’offrent pas systématiquement tous ces points de vue, mais voilà vous avez compris l’idée.
Pour autant, malgré cette réticence plus viscérale qu’intellectuelle, j’ai terriblement envie de découvrir plusieurs de ces vidéogiciels en vue subjective à écrans fixes, parce que je suis persuadé qu’ils recèlent des expériences passionnantes et uniques. Donc j’ai vraiment envie de m’habituer à cette forme de représentation et de dépasser cette appréhension que j’ai par rapport à mon orientation et mon immersion dans ces vidéogiciels.
Vous comprenez bien maintenant pourquoi j’ai voulu commencer par M2020 ! Et il se trouve que je me suis senti tout de même bien perdu, plus que dans Quern. Je trouve que Quern nous guide plus au début, il limite plus le terrain de recherche et d’exploration, il nous met plus devant les yeux ce qui peut nous aider… Il est plus facile de se sentir paumé, ou plutôt dépassé, dans Myst que dans Quern à mon sens, en tout cas au début (ce post Reddit passionnant en anglais détaille ce ressenti).
Je n’ai même pas vu la lettre sur le chemin de la bibliothèque à vrai dire. C’est une lettre du personnage Atrus à destination de Catherine, qui nous indique comment débloquer un message vidéo d’Atrus dans une salle souterraine juste à côté du node où l’on débute l’aventure. Ce message vidéo nous explique que l’un des deux fils d’Atrus a de sombres desseins mais qu’il n’a pas réussi à identifier lequel ; qu’il a caché sur l’île des livres et que les instructions pour y accéder nécessite de faire tourner la tour derrière la bibliothèque.
Ça pose quand même pas mal de choses, et dites-vous que la lettre permettant de débloquer ce message vidéo est bien plus visible dans MME que dans M2020[4]. Moi je l’ai découverte en refaisant le premier chapitre dans MME.
Dans M2020 j’ai donc dû trouver un sens à ma progression sans l’aide du message vidéo. J’ai galéré, mais j’ai été patient : j’ai noté scrupuleusement tous les éléments interactifs que je découvrais, l’information qu’ils semblaient requérir pour être utilisés (pas d’inventaire dans Myst donc pas de notion d’objets à collecter et utiliser ailleurs), les informations qui pourraient m’être utiles, etc… J’ai trouvé notamment un système pour faire tourner une tour (la fameuse tour mentionnée dans le message vidéo que je n’avais pas visionné) et découvert ensuite que selon l’orientation de cette dernière, je pouvais visualiser une plaque avec gravée dessus une heure suivie de trois chiffres. Tiens ! Mais est-ce que je n’avais pas noté sur mon carnet l’existence d’un panneau sur lequel régler l’heure d’une horloge sur une petite île ?
Et c’est ainsi que l’on avance : en établissant des liens entre des éléments éloignés entre eux, que l’on rapproche grâce à nos notes et notre intelligence.
C’est passionnant. J’ai quand même été confronté à trois énigmes dont le principe n’avait rien d’évident. Je pense au mécanisme de l’horloge, qui réagit différemment selon que l’on tire le levier de façon brève ou continue (j’ai bloqué un moment) ; je pense au lien mental à faire entre la chaufferie et la translation verticale de l’arbre un peu plus loin (qui recèle un trou dans lequel on peut grimper pour s’enfoncer sous terre et rejoindre une salle cachée) ; je pense à la rotation de la grande structure de l’Âge mécanique, dont le seul moyen de l’opérer correctement est d’utiliser au préalable un appareil de simulation pouvant nous enseigner la durée d’un quart de tour — à compter soi-même ![5]
J’ai eu aussi une énigme « musicale » où il s’agissait de reproduire des notes jouées sur un clavier, sur un autre appareil, mais produisant les mêmes sons. Je n’ai eu aucun problème à la résoudre, même si sur MME les commandes de l’appareil sont très sensibles et qu’il est difficile de fixer une note avec la souris. Mais bon, je n’ai aucun problème pour identifier deux sons identiques ; ma difficulté insurmontable c’est d’identifier une note, de dépasser la forme du son pour en « extraire la note » et reconnaître celle-ci dans un autre son, ou simplement l’identifier. Ça malheureusement je m’en sens profondément incapable ; j’espère que Myst n’attendra pas cela de moi.
Et quid alors des différences entre les trois versions ? Niveau accessibilité, M2020 est la seule version à disposer de sous-titres, mais les voix sont en anglais et les livres sont pénibles à lire car plutôt que d’être traduits, le texte français se superpose au texte anglais d’origine… C’est non seulement moche mais parfois peu lisible. À ce niveau, MME dispose de livres traduits directement mais la résolution est trop faible pour que la lecture soit confortable… RMME n’est hélas pas du tout traduit.
M2020 nous permet d’identifier plus facilement les différents points d’interaction sur les écrans « d’énigme », puisque la croix directionnelle permet de basculer le curseur de l’un à l’autre. Est-ce que j’aurais facilement trouvé, dans MME ou RMME, le bouton du boîtier de la salle souterraine au tout début de l’île de Myst sans en avoir au préalable appris l’existence grâce à M2020 et son interface le mettant indirectement en évidence ? C’est une question à laquelle je pourrai sans doute répondre en découvrant les prochains Âges sur une ancienne version (MME ou RMME).
RMME est une version très particulière. Il y a un certain bouleversement esthétique dans le sens où les développeurs ont implémenté un cycle jour-nuit et nous mettent à disposition une lampe-torche ! On est amené à explorer autant au petit matin qu’au crépuscule ou en pleine nuit, avec tous les effets de lumière et de soleil correspondants. Le VG est extrêmement gourmand en ressources machine et rame beaucoup sur mon ordinateur.
Les développeurs ont été plus…raisonnables avec M2020 et sont revenus à une esthétique maîtrisée à 100% puisqu’ils n’ont pas récupéré le cycle jour-nuit de RMME.
J’ai noté que l’appareil pour reproduire les notes de musique était beaucoup plus facile à contrôler dans RMME que MME, où le réglage était trop sensible à la souris.
RMME offre deux modes de contrôle : un totalement libre (comme M2020, comme Quern) et un autre qui est comme celui de MME, mais avec des déplacements visibles entre les différents nodes ; c’est-à-dire qu’au lieu de se « téléporter » entre les nodes, notre avatar se déplace selon un chemin prédéfini par les développeurs.
J’ai opté pour ce second mode de contrôle, que je suis curieux d’expérimenter comme une sorte de navigation classique par nodes mais au sein d’un environnement 3D, où l’on a la possibilité par ailleurs d’observer autour de soi à 360 degrés depuis chaque node en maintenant enfoncé le clic droit de la souris (mais juste pour observer, sans pouvoir interagir). J’avais vu ça dans la démo du remake de L’Amerzone et ça m’avait semblé super étrange (et un peu naze de prime abord), donc j’ai eu envie de découvrir et me familiariser.
J’ai lu dans le manuel que RMME nous permet d’afficher sur chaque point de vue de chaque node, l’écran fixe correspondant de MME. Marrant, je regarderai ! Et avec la touche F, on active et désactive la lampe-torche.
MME a pour moi réellement vieilli sur seulement deux aspects (pour le moment en tout cas) : sa résolution d’image qui rend pénible la lecture des livres de la bibliothèque, et sa bande-son qui ne semble ne pouvoir jouer qu’un son à la fois, ce qui fait qu’en actionnant un bouton qui joue un son, on est susceptible de couper un autre son qui joue en même temps. Je ne suis pas sûr à 100% de cette dernière phrase, ni que ce soit systématique, mais il est clair qu’il y a des limites à la continuité et à l’intégrité de la bande-son, ce qui nuit toujours un peu à l’immersion.
Les développeurs sur M2020 ont eu la super idée d’offrir une option pour « randomiser » (modifier de façon aléatoire) les solutions des différentes énigmes ; c’est super pour moi car cela m’oblige à comprendre en profondeur le fonctionnement de chaque lieu, et à refaire les démarches d’investigation lorsque je passe de M2020 à MME/RMME ou inversement.
Sur ce, je retourne dans RMME pour explorer l’Âge mécanique !
Un peu plus tard, après avoir terminé l’Âge de la passerelle de bois pour la première fois, sur MME.
Ça y est, j’ai terminé mon premier Âge en le parcourant pour la première fois sur MME ! Je suis très content et très fier. Pour le prochain Âge je commencerai à nouveau par MME, puis pour les deux dernier je prendrai RMME.
Il y a d’autres choses qui sont moyennement pertinentes, à mon sens, dans cette première version. Le fait que l’on ne puisse ramasser qu’une page à la fois, alors que chaque Âge en recèle deux (une bleue, une rouge) et que l’on doive les ramener sur l’île de Myst, franchement… Je ne comprends pas l’intérêt[6]. Je n’ai pas encore vu si c’était la même chose sur RMME, car dans l’Âge mécanique je n’ai pas essayé de ramasser les deux lors de ma première visite, mais je sais que M2020 a tout bonnement bazardé le concept de « ramassage de page » et a opté pour téléporter automatiquement la page vers l’île de Myst au moment où on la touche. Pourquoi pas ? Ça nous évite une corvée. L’idéal aurait sans doute été de nous permettre d’en porter deux à la fois, ce sont des pages après tout, pas des sacs de ciment… À voir si RMME permet cela, je vais tester dans l’Âge de la passerelle de bois.
Un autre point un peu problématique ce sont les voix françaises, que je trouve peu claires et du coup peu compréhensibles, je rate facilement des mots… Et le VG ne propose pas de sous-titres. C’est cette fameuse « accessibilité » qui fait défaut aux anciens vidéogiciels et qui peut personnellement me rebuter et me décourager de m’y mettre, car peur par exemple de ne pas tout comprendre à des doublages enregistrés dans une qualité assez faible et non sous-titrés.
J’ai noté aussi la présence d’une page blanche, exclusivement sur MME, dans une cache du levier de repérage qui se trouve sur le quai de l’île de Myst. C’est une page que l’on peut ramasser, et de toute évidence qu’il faut utiliser sur un livre (comme on le fait pour les pages bleues et rouges, à ramener respectivement aux livres bleu et rouge de la bibliothèque de l’île de Myst), mais je n’ai pas encore trouvé le livre en question… Je ne sais pas s’il se trouve sur l’île de Myst, dans un endroit que je n’ai pas encore découvert, ou bien dans un des Âges. Ce qui est très curieux c’est que les autres versions n’ont pas cette page… Le levier de repérage du quai n’ouvre pas de cache quand on l’actionne.
Je vais dissiper peut-être une incompréhension : j’ai écrit plus haut qu’il n’y avait de « ramassage d’objet » dans Myst ; ce serait plus juste de dire qu’il n’y a pas d’inventaire. Dans MME et RMME, comme je l’ai écrit, on peut ramasser une page de livre à la fois et la garder à la main jusqu’à ce qu’on l’utilise sur le livre où elle doit aller. Il y a d’autres rares instances où un objet peut être ramassé, gardé en main et utilisé non loin — je pense à l’allumette dans la cabane près du grand arbre sur l’île de Myst. Mais j’ai l’impression que M2020 a totalement supprimé le ramassage d’objet, dans l’absolu, puisque non seulement les pages trouvées sont instantanément téléportées (donc pas ramassées), mais même l’énigme avec l’allumette a été modifiée pour ne pas nécessiter l’usage d’une allumette justement. Quelque part, M2020 a poussé à fond le principe de l’absence d’inventaire. Pourquoi pas.[7]
Je dois dire aussi, par rapport à MME, que, quand même, avec les écrans fixes, j’ai bien ressenti de la difficulté à m’orienter dans l’espace dans l’Âge de la passerelle de bois. Ça n’aide pas qu’une fois dans les arbres, beaucoup d’écrans se ressemblent ; mais au-delà de ça, je suis quand même gêné par l’arbitraire du nombre de points de vue disponibles sur chaque node. C’est-à-dire qu’il y a des nodes où il y a un maximum de six écrans (plafond, sol, devant, derrière, gauche, droite) mais la plupart en propose bien moins et il n’y a pas de cohérence d’ensemble sur les points de vue proposés.
Concrètement, cela signifie qu’alors que je suis sur l’écran « devant » et que je clique sur le côté gauche de l’écran, et bien sur certains nodes mon perso va regarder sur sa gauche, tandis que sur d’autres nodes, mon perso va se retourner complètement (et donc regarder derrière lui).
Je trouve ça très perturbant. D’un autre côté cela réduit considérablement le nombre d’écrans à inspecter et donc le caractère laborieux de la progression… Peut-être que j’arriverai à m’habituer à l’arbitraire de ce système.
Une autre difficulté des anciennes versions (MME et RMME), c’est que le curseur ne change pas lorsque l’on survole avec une zone interactive (à l’exception des leviers). Cela me change énormément des VG modernes, et notamment de M2020 qui fait apparaître un petit point au centre du cercle servant de réticule lorsque l’on survole des éléments interactifs.
Ceci étant, je suis quand même admiratif de combien les écrans de MME sont lisibles et savent mettre subtilement en évidence les éléments pertinents et interactifs. Par exemple, la lettre de Sirrus (ou de Aquénar ?) à lire dans l’Âge mécanique m’est apparue clairement sur MME (sur M2020 aussi mais elle est à un autre endroit) alors que je l’ai ratée dans RMME. Pourtant les écrans sont identiques ! Mais voilà, le travail graphique d’orfèvre qui a été réalisé sur MME permet à la lettre de « ressortir » visuellement sur le meuble à bouteilles où elle est rangée. Je pense que de ce point de vue, RMME est moins maîtrisé ; d’autant plus quand on prend en considération que le cycle jour-nuit peut nous voir explorer en pleine nuit et nous rendre dépendant de la lampe-torche. Je pense que dans RMME, la volonté de réalisme visuel a pris le pas sur la lisibilité de ce qu’on peut nommer le level design — notamment la visibilité et l’identification des éléments interactifs.
Je commence à comprendre les commentaires que j’ai pu lire sur la relative faiblesse de la difficulté de Myst. Étant donné que j’ai déjà terminé trois Âges sur six a priori, il me semble clair que le VG sera assez court et que je terminerai chaque Âge relativement rapidement. J’irais presque penser que l’île de Myst (le premier chapitre, donc) est le plus difficile et le plus intimidant. C’est le plus riche en énigmes, en machines étranges, en mystères… Alors qu’il n’est pas non plus immense. Donc je crois comprendre comment on peut qualifier Myst de relativement facile. Pour autant, il nous familiarise avec des énigmes assez originales où la façon d’interagir importe autant que l’interaction en elle-même… Je repense à ce levier de l’horloge qui agit différemment selon que l’on tire brièvement ou qu’on le maintienne.
Je pense aussi à ces « leviers de repérage » disséminés sur l’île de Myst dont il faut comprendre qu’ils permettent d’afficher sur la carte de rotation de la tour les huit points d’intérêt de l’île, mais aussi que certains d’entre eux et seulement certains d’entre eux, ajoutent sur cette même carte des « points d’accroche » qui vont permettre de verrouiller la rotation sur les angles précis permettant la lecture des plaques murales d’information. Et pour moi vous voyez, cet aspect que seulement certains leviers vont avoir cette caractéristique « point d’accroche », ce n’est pas logique ; je me dis, « mais pourquoi pas tous en fait ? »
Cette énigme a la vertu de me rappeler que tout n’est pas ordonné selon une logique parfaite… Ce qui n’est pas si fréquent dans les VG, et dont il me semble que pourtant, c’est une réalité dont on gagne à ne pas trop se détourner. Dit autrement, je pense qu’il est peut-être délétère d’être exposé en permanence dans les VG à des systèmes parfaitement logiques et ordonnés, car ils nous confortent dans une vision du monde simpliste et trop éloignée de la complexité de la réalité et du vivant.
J’ai envie que mon cerveau reste flexible et même le soit un peu plus qu’il ne l’est aujourd’hui. Je trouve que les énigmes et même l’univers de Myst ont une dimension plus « organique » et moins « mathématique » et purement logique que bien d’autres vidéogiciels d’aventure que j’ai pu parcourir ; et je lui en suis reconnaissant.
Un peu plus tard, après avoir terminé l’Âge du bateau-pierre sur MME et RMME, dans cet ordre.
Je trouve quand même à MME des archaïsmes pénibles. Je pense au fait qu’en revenant dans l’Âge du bateau-pierre après y avoir activé la lumière dans le souterrain et en être parti, on doive refaire l’énigme dans le passage secret et relancer la génératrice… Quand on couple ça à l’impossibilité de récupérer les deux pages (rouge et bleu) en un seul voyage, je le trouve un petit peu laborieux et pas respectueux de notre temps (même si ça prend seulement quelques minutes, n’exagérons rien).
Je persiste aussi à trouver les voix des vidéos des livres avec les deux frères, avec leurs grésillements permanents et leurs phrases incomplètes, extrêmement peu intelligibles ; au point que je ne cherche même pas à les regarder dans MME et que je compte sur les sous-titres de M2020 quand j’y serai. La piètre qualité audio d’époque, les grésillements, le fait que les phrases soient hachées menu parce qu’il y a des parasites… Tout cela fait que je n’y comprends rien.
RMME est intégralement en anglais donc n’en parlons même pas. Par contre, RMME se montre bien plus prévenant, attentionné, délicat, plein d’égards avec le public dans l’Âge du bateau-pierre… D’abord le passage secret qui relie les couloirs des chambres des deux frères et qui recèle le dispositif-énigme (la rose des vents) pour activer la lumière, est enfin visible ! Moi je vous le dis, je ne l’ai pas trouvé dans MME ; la marque rouge sur le mur ne ressort que très peu de la pénombre, c’était abusé. J’étais bloqué et me suis résigné à passer sur RMME et, ô surprise ! Une marque rouge sur un mur !
Je pense aussi au robinet du coffre. Si j’avais bien réussi à faire remonter le coffre à la surface dans MME après plusieurs manips, je n’avais pas vraiment compris ce que j’avais fait… RMME montre explicitement l’eau qui sort du coffre quand on ouvre son robinet ; ce qui rend beaucoup plus compréhensible la solution qui consiste à ouvrir le robinet pour évacuer l’eau à l’intérieur, puis le refermer pour assurer l’étanchéité, avant de refaire monter le niveau de l’eau et submerger à nouveau le coffre pour que désormais il monte à la surface. Je n’avais pas vu d’eau s’échapper du coffre dans MME… Soit c’était un effet visuel trop discret pour que je le remarque, soit les développeurs ne l’avaient pas du tout représentée visuellement. Dans tous les cas, grosse amélioration pour RMME.
Dans le même ordre d’idées, quand on revient dans l’Âge du bateau-pierre sur RMME, il reste du jus dans la génératrice (on n’a pas nécessairement à la relancer) et puis surtout la lumière est toujours active dans le souterrain du bateau, donc on n’a pas besoin de refaire l’énigme de la rose des vents !
Ce sont des petites choses, mais qui montrent que les développeurs ont eu à cœur d’améliorer l’expérience originale au-delà des graphismes.
Bien sûr, M2020 va encore plus loin en supprimant la nécessité de transporter les pages une par une.
J’ai trouvé aussi dans toutes les versions comment débloquer la page blanche sur l’île de Myst. Il s’agit d’avoir dans un premier temps tous les leviers de repérage levés (huit en tout), pour ensuite en abaisser un bien spécifique : celui du quai dans MME et RMME, celui du jardin dans M2020 (en mode « randomisé », peut-être qu’en classique c’est le même que sur les anciennes versions). Cette démarche est décrite sur une lettre déchirée, dont on peut consulter les parties respectivement dans l’Âge du bateau-pierre et dans l’Âge de la passerelle de bois. Honnêtement j’avais compris la méthode rien qu’en consultant la partie de droite de la lettre dans l’Âge de la passerelle de bois. La moitié de texte était cependant plus explicite sur MME que sur M2020.
Il faut que je vous dise aussi que je me suis fait « divulgâcher » la possibilité de terminer M2020 en moins de deux minutes, en ayant en tête, je cite, la « solution de l’énigme pour accéder à l’horloge » et le « motif de la cheminée ». Je suis un peu dégoûté d’avoir lu cela à vrai dire, dans une critique sans avertissement, j’aurais aimé le découvrir par moi-même, j’en étais encore à me demander où devait être utilisée la page blanche et en fait ces infos me permettent de déduire qu’elle devra être utilisée sur l’île… Mon raisonnement c’est qu’accéder à l’horloge sert à accéder au huitième levier de repérage, qui sert lui-même à récupérer la page blanche puisque pour ça tous les leviers doivent être levés ; ensuite, certainement que le motif à reproduire dans la cheminée (car oui j’avais déjà repéré une sorte de panneau dans la cheminée sur lequel on peut dessiner un motif à base de carrés) permet d’accéder au livre blanc, et que l’insertion de la page blanche dans ce dernier marque la fin de l’aventure.
J’aurais largement préféré découvrir tout cela par moi-même, je suis déçu ; ceci dit, je doute qu’il y a ait quoi que ce soit là-dedans que je n’aurais pas découvert assez facilement. Je savais déjà qu’il me faut un nombre compris entre 1 et 300 pour identifier le bon schéma dans un des bouquins de la bibliothèque qui liste pas moins de 300 schémas[8], et que ce schéma devra être reproduit dans la cheminée. J’avais aussi trouvé comment débloquer la page blanche avec les leviers de repérage (enfin je crois, je ne suis plus sûr tout d’un coup d’avoir compris la technique avant ma lecture de cette critique traître).
Enfin ! Je vais bien veiller à ne plus rien lire sur Myst à partir de maintenant, même si j’en ai très envie pour voir ce que les autres en ont pensé. Il me reste à compléter l’Âge du bateau-pierre sur M2020, puis les deux derniers Âges, que je découvrirai tous les deux via RMME — c’est son tour !
Un peu plus tard, après avoir donné la page blanche à Atrus en Danne dans les trois versions.
Ça y est, j’ai terminé l’histoire originale de Myst ! Il me reste l’Âge bonus, Frimas, à explorer sur RMME et M2020, et puis aussi les trophées de M2020 parce que ça me fait plaisir. Mais j’en ai fini avec MME !
MME tire encore aujourd’hui son épingle du jeu grâce à sa version française : ses doublages d’époque, que l’on ne retrouve dans aucune des deux autres versions, et la traduction de ses textes, à même les différentes lettres et bouquins (pas sous-titrée moche comme dans M2020) et surtout plus soignée que celle de M2020 ! En effet, non seulement les textes sont mieux traduits (j’ai noté quelques traductions littérales et/ou incohérentes dans M2020) mais aussi les noms propres sont francisés ! Et je trouve ça super agréable. On parle dans MME d’Âge mécanique et non d’Âge « Mechanical » ! Le fils d’Atrus se prénomme Aquénar plutôt qu’Achenar… C’est une vraie adaptation française, complète et soignée.
C’est aussi une version de Myst qui ne nécessite pas de grosse machine pour tourner, qui est parfaitement fluide et stable, et dans laquelle l’exploration par nodes est plus efficace et intuitive que sur RMME (qui propose aussi cependant, je le rappelle, un mode de déplacement complètement libre pour lequel je n’ai pas opté).
Pour autant, il m’est difficile de ne pas préférer M2020, tant cette version bichonne son public. J’ai relevé notamment que dans l’Âge du bateau-pierre, M2020 nous exempte de refaire tourner régulièrement la génératrice, merci à lui ! Dans ce même Âge, j’ai été cependant surpris de ne pas trouver la moitié gauche de la lettre donnant les instructions pour trouver la page blanche sur l’île de Myst… Très étrange, alors qu’elle était bien présente sur MME et RMME[9].
Toujours à propos de M2020, j’ai un vrai reproche à formuler sur le contrôle à la manette des écrans d’énigmes. Pour basculer entre les points interactifs, on utilise la croix directionnelle : très bien, mais le stick gauche devrait aussi faire ça ! Au lieu de ça, à peine l’incline-t-on que le VG nous sort de l’écran d’énigme, il croit que l’on veut se déplacer dans l’espace, alors que pas du tout ! Dans tous les VG, quand on est dans un écran où le mouvement du personnage est impossible, le stick gauche devient au même titre que la croix directionnelle la commande pour naviguer entre les différents éléments. Je ne suis pas du genre — du tout — à reprocher à un VG de ne pas suivre une norme de commandes, mais je fais une exception ici car je ne pense pas que ce choix apporte quoi que ce soit à l’expérience.[10]
Ah et tant que l’on parle des contrôles, notez que je n’ai pas eu de réponse de CYAN à mes demandes concernant le stick droit. Je suis passé outre mais je persiste à dire qu’à la fois la zone inerte devrait être moins grande, et à la fois la courbe de réponse devrait être revue pour que l’on ait plus de facilité à pointer les nombreux très petits objets de l’environnement (souvent des boutons-poussoir).
Concernant l’Âge sélénite, M2020 modifie l’indice visuel de l’énigme qui consiste à orienter une machine vers des lieux émettant des sons bien précis ; M2020 associe à chaque son une sinusoïde particulière, que l’on retrouve ensuite sur le panneau où l’on sélectionne cinq sons dans le bon ordre. C’est une chouette attention pour les malentendants ! Dans MME et RMME, le panneau n’avait aucune représentation visuelle des sons.
Cet Âge nous oppose une séquence en véhicule sur rails dans un labyrinthe souterrain. Elle ne m’a pas posé de problème car la réputation de cette énigme m’a sans doute aidé ; j’avais lu qu’il s’agissait d’une énigme basée sur le son. Partant de là, j’avais tout de même un grosse piste pour mon analyse — ne serait-ce que par le fait de savoir qu’il existe une solution « élégante » et non laborieuse. À chaque intersection, le véhicule émet un son particulier. Il faut arriver à comprendre qu’à chacune des quatre directions cardinales correspond un son spécifique ; que le véhicule ne nous permet que d’aller dans la bonne direction ou de revenir sur nos pas ; et enfin que l’association de deux sons signifie une combinaison de directions cardinales (nord-ouest par exemple)[11].
À chaque embranchement on a le choix entre nord, est, ouest, sud, nord-ouest, nord-est, sud-ouest et sud-est. Théoriquement il est tout à fait possible, à chaque embranchement, de tester les sept directions possibles (en excluant celle d’où l’on vient, à condition de bien la retenir) jusqu’à trouver la bonne, mais c’est évidemment laborieux. J’avais justement lu dans une critique passionnante (en anglais) que cette énigme était d’une certaine façon ratée puisqu’elle n’interdisait pas au public de la résoudre de manière extrêmement pénible ; et je suis d’accord avec lui.
Je suis cependant un peu surpris et réservé quant à son estimation de 45 minutes pour la mise en œuvre de la méthode « reloue »… Pour moi chaque embranchement n’autorisait que deux directions, donc certes, cela nécessitait d’en tester jusqu’à 7, et il y a un total de 14 embranchements, mais ce n’est pas si énorme, et je ne vois pas comment cela pourrait prendre 45 minutes… J’en viens à me demander si MME bloquait bien lui aussi les directions incorrectes ? Ou si j’ai mal interprété ce que j’ai observé dans RMME…[12]
Un peu plus tard, après avoir platiné M2020 et abandonné RMME dans l’Âge de Frimas.
Pour être plus précis sur ma critique de la version française de M2020, globalement c’est une sacrée pagaille, parce que la traduction française des trophées est différente de celle du VG (il n’y a que dans les trophées que les Âges sont 100% en anglais) et que la traduction française du VG n’est pas constante ni cohérente dans sa traduction des noms propres : l’adaptation française « Danne » de MME pour D’ni n’est pas reprise, par contre « Frimas » pour Rime l’est, l’Âge communément appelé « sélénique » dans cette version est à un moment appelé « Sélénium » au détour d’un journal alors que c’était « sélénite » dans MME… C’est un gros bazar et il n’y a vraiment que MME qui offre en 2026 une expérience francophone de Myst satisfaisante. Dommage que ce soit aussi la version la moins complète puisqu’il n’y a pas l’Âge bonus de Frimas, et la moins facile à pratiquer en terme d’accessibilité (pas de support manette, pas de curseur dynamique révélant les interactions, navigation par nodes avec écrans fixes, pas de sous-titres, piètre qualité audio pour les voix des frères emprisonnés dans les livres rouge et bleu, quelques points pénibles, injustes ou peu lisibles).
Globalement j’ai beaucoup aimé Myst. Je suis allé jusqu’à chercher à obtenir tous les trophées sur PS5 (donc obtenir le trophée platine). Ce n’était pas simple, notamment le trophée consistant à atteindre le bon dénouement en seulement deux minutes (!) mais j’y suis parvenu. Moins de 4% de ceux qui pratiquent M2020 sur PS5 et ont leur console connectée à internet, ont obtenu le trophée platine. Je trouve cela étonnamment peu, pour un trophée tout de même beaucoup moins long à obtenir que celui de Quern.
Myst est un voyage. Notre personnage trouve un livre, il le touche et se retrouve transporté sur l’île de Myst. Là, il explore et apprend à utiliser les différents mécanismes complexes pour révéler quatre livres cachés, qui à leur tour le transportent vers d’autres mondes, appelés des Âges. Grâce aux livres présents dans la bibliothèque de l’île de Myst, on se plonge dans la vie d’Atrus, de sa compagne Catherine et de ses fils Sirrus et Aquénar. Atrus a appris de son père Gehn, l’Art qui consiste à créer des Âges (des mondes, donc), ou les modifier en profondeur, en écrivant des livres. Dans la même bibliothèque, des livres rouge et bleu renferment les fils d’Atrus, emprisonnés. Ils nous enjoignent à récupérer suffisamment de pages de leur livre respectif, pour les libérer, mais s’accusent l’un l’autre de traîtrise et nous défendent chacun d’aider l’autre !
En visitant les quatre Âges accessibles grâce aux livres disséminés sur l’île de Myst, on parvient à rassembler suffisamment de pages rouges et/ou bleues, pour que l’un ou l’autre des frères nous indique comment accéder à un panneau secret de la bibliothèque pour y trouver les dernières pages rouge et bleu. Ils nous préviennent qu’on y trouvera aussi un livre vert qui est un piège à n’ouvrir sous aucun prétexte…
On peut écouter les frères, et tenter de sauver l’un d’eux, mais la manœuvre révèle leur perfidie : quel que soit celui qu’on aide, on se retrouve à prendre sa place dans son livre-prison, sous ses ricanements alors que, désormais libre, il déchire les pages patiemment collectées pour nous enfermer pour l’éternité…
On peut aussi ouvrir le livre vert, et alors on fait la rencontre d’Atrus, isolé dans l’Âge de Danne duquel il ne peut partir. Il nous raconte comment il fut trahi par ses fils, et comment ils tombèrent tout deux dans les pièges qu’il avait mis en place non pas pour eux mais pour d’éventuels individus malfaisants qui nuiraient aux Âges, ce qu’ils ont fini par faire en en détruisant une grande partie, et nous demande de récupérer la page blanche cachée sur l’île, puis de le rejoindre, afin qu’il puisse revenir sur l’île de Myst, punir ses fils et entretenir l’Âge où se trouve Catherine, dont il est craint qu’il soit détérioré.
C’est donc une histoire où le merveilleux et le magique tutoient la tragédie ; une histoire pleine d’humanité mais qui nous voit explorer des petits mondes qui sont autant vides d’humains que marqués par leur passage (dans les Âges que l’on explore, on retrouve les habitations occupées par les deux frères et les machines construites par Atrus qu’il évoque dans les livres de la bibliothèque).
Les Âges sont des mondes magnifiques, dépaysants, très impressionnants esthétiquement dans la version M2020, mais avec une patte déjà unique dans MME.
Myst, que ce soit par son histoire ou par l’esthétique de ses Âges, est une invitation au voyage ; une invitation à découvrir un univers avec ses propres codes, fascinant, envoûtant, onirique. J’adhère à 100% !
En terme de challenge interactif et même « d’ampleur » générale, Myst est finalement modeste. C’est une « petite » aventure, assez courte. Ses énigmes sont peu nombreuses et la plupart sont assez faciles. Un Quern est beaucoup plus long, plus difficile. Mais artistiquement, Myst sort vraiment du lot. Il crée un univers et une expérience qui sont très puissantes, stimulent l’imagination et ouvrent la possibilité de quantité d’histoires. C’est un univers bien plus étendu et ambitieux que celui de Quern. J’aime la dimension magique, que je trouve beaucoup délaissée à notre époque au profit de la science-fiction. J’aime cette histoire familiale, qui donne une âme et de l’humanité à l’aventure. Quelle surprise d’ailleurs, et quelle récompense, de rencontrer Atrus lors du dénouement, ce perso qui n’existait que par sa plume jusqu’alors ! C’est aussi inattendu parce que le VG nous laisse penser tout du long qu’il est incapable de représenter des êtres humains ; or à Danne il le fait, c’est presque magique ! Atrus est interprété par un acteur réel, mais la captation de sa performance est parfaitement intégrée à l’environnement, on a vraiment l’impression d’être devant lui.
Et puis j’aime Myst bien sûr pour ses décors fabuleux, son ambiance apaisante et ses musiques planantes (je pense à celle-ci par exemple). J’aime aussi Myst pour l’intelligence qu’il nous demande de déployer. Une intelligence plus souple et flexible que purement performante et mathématique. On se sent apprendre, voire même s’éveiller, en résolvant ses différentes énigmes, en comprenant ses divers mécanismes. Notamment l’énigme de l’horloge, où il s’agit moins de raisonnement abstrait que d’expérimentation : « que se passerait-il si je maintenais le levier baissé plutôt que de le lâcher immédiatement ? » Myst nous encourage à dépasser nos préconceptions, à gagner en souplesse intellectuelle et en ouverture d’esprit… Peut-être comme un enfant découvrant le monde.
Au niveau des déplacements, s’affranchir des nodes et explorer librement ces environnements 3D sublimes ont été un réel plaisir dans M2020. Pas que je pense que la forme « écrans fixes » soit stérile, à mon avis quand on a qu’elle on peut tout autant s’immerger, mais voilà en l’occurrence je pratiquais les deux en parallèle et il m’était difficile de ne pas ressentir le mouvement non contraint de M2020 comme une émancipation extrêmement agréable.
Je me demande du coup vraiment comment je pratiquerai la suite, Riven : version originale ou remake de 2024 ? Je lis sur les forums des avis contrastés, certains disent que le remake est top, d’autres que l’original reste meilleur. Je suis tenté de d’abord pratiquer l’original, puis éventuellement, plus tard, de faire le remake. Ce qui me fait hésiter, c’est moins les écrans fixes que : l’absence de sous-titres, la présence éventuelle de chasse au pixel (genre le passage secret de MME sur l’Âge du bateau-pierre, voir la galerie d’images) caractéristique des VG de l’époque qui manquaient de considération pour leur public, le curseur non dynamique qui n’indique pas au survol les éléments interactifs, l’obligation de pratiquer le VG à la souris plutôt qu’à la manette (et donc sur mon bureau plutôt que dans le canapé)… Accessibilité, confort mais aussi équité du challenge interactif, ce sont les points qui me feraient aller directement vers le remake plutôt que l’original.
Mais revenons aux déplacements de Myst : quid finalement de RMME et de sa navigation par nodes avec déplacements prédéfinis entre chacun d’entre eux ? C’est difficile de me prononcer sur le concept en lui-même, du fait des nombreuses saccades du VG et aussi de ce qu’il s’est mis comme contrainte, je crois, de reprendre les nodes de MME quasiment à l’identique. Pourquoi c’est une mauvaise chose ? En fait ces nodes à l’origine n’ont pas été pensés par rapport aux déplacements concrets nécessaires pour les relier ; et ça se sent dans RMME, car souvent la trajectoire et/ou les mouvements du regard sont alambiqués, peu vraisemblables et inélégants (l’Âge sélénite par exemple, entre la porte qui mène au labyrinthe et le chemin qui continue vers l’horloge cassée) ; pour les trajectoires, je pense au fait qu’elles peuvent être infimes en longueur (un mètre à peine), comme parfois très grandes (tout un couloir sans s’arrêter), sans cohérence apparente ; pour le regard, je pense à combien les déplacements peuvent sembler « cahoteux » lorsque l’on enchaîne des nodes sans s’y arrêter en maintenant le clic gauche enfoncé (exemple : l’escalier en colimaçon de l’Âge de la passerelle de bois). Ce mode de déplacement semble avoir été « collé » sur RMME pour offrir aux vétérans une madeleine de Proust, mais le résultat ne me satisfait pas et je ne le trouve pas pertinent. Il semble avoir pour seule réelle utilité de faire la comparaison avec les écrans fixes de MME, puisqu’on peut les invoquer à tout moment en maintenant la touche de majuscule gauche enfoncée (voir la galerie).
Au-delà de son implémentation dans RMME, ce mode de déplacement par nodes au sein d’un environnement en vraie 3D et avec des mouvements prédéfinis, me fait d’abord penser que la navigation y est beaucoup moins efficace que dans un VG à écrans fixes, puisque l’on doit « patienter » entre chaque node pendant les déplacements (on peut régler la vitesse de déplacement dans les options de RMME, mais si trop rapide ça me dérange et me sort de l’expérience). Tout est en 3D, mais on n’en profite pas pour explorer librement : quel intérêt ? N’est-ce pas un pur gaspillage de ressources machine et d’énergie ? Si les interactions sont identiques à celles d’un VG à écrans fixes, pourquoi ne pas dessiner chaque décor à la main ? Ça pourra tourner sur une PS2 et on n’y perdra pas grand-chose… Je reste donc très sceptique sur ce choix technique — qui je le rappelle ne concerne pas vraiment RMME puisqu’il propose aussi un mode de déplacement complètement libre.
Concernant l’Âge de Frimas, je l’ai beaucoup apprécié sur M2020, après l’avoir abandonné dans RMME par blocage. Il se trouve que RMME, pour sa dernière énigme, a trouvé bon de planquer une interaction derrière un clic gauche de souris enfoncé (changer la couleur d’un cristal). Quand j’ai découvert ça en lisant un forum, puis que je suis retourné sur RMME pour tester, j’étais furieux et je le suis encore. Quelque part furieux contre moi de ne pas avoir trouvé, alors que quelque part, les développeurs nous refont le même coup qu’avec le levier de l’horloge. Mais furieux contre le VG aussi, parce que contrairement l’horloge, il n’y a pas d’illustration « physique », palpable, de ce clic gauche enfoncé. Je veux dire, on peut diégétiquement se demander ce que fait sur une machine de maintenir son levier baissé pendant quelques instants. L’action existe dans l’univers. Ce n’est pas un clic de souris abstrait, dont on ne voit pas ce qu’il touche ou produit physiquement dans l’univers. Là cette énigme avec les cristaux dans RMME, l’interaction est totalement abstraite. J’avais trouvé que le clic gauche simple servait à modifier la forme d’un cristal, mais je ne vois pas comment j’aurais pu avoir l’idée de maintenir le clic gauche enfoncé, tellement ça ne correspond à rien de palpable sur cet écran. Déjà le clic gauche pour changer un cristal de forme est abstrait puisque l’on n’appuie pas sur un bouton, on « clique » sur le cristal, sans savoir exactement ce que fait notre perso… Touche-t-il le cristal ? Comment faut-il interpréter alors le clic gauche enfoncé ? Que le cristal change de couleur si on laisse notre main posée dessus longuement, et qu’il change de forme si on la retire très rapidement ? C’est tiré par les cheveux… J’aurais aimé trouver, mais je considère que l’abstraction va ici un peu trop loin.
Par ailleurs, RMME est censé afficher des « interactive guides » pour indiquer certains mouvements à réaliser avec la souris… Mais alors si c’est pour surligner le fait qu’un levier puisse être levé ou baissé (merci…), et à côté de ça taire la nécessité de maintenir le clic enfoncé pour changer la couleur d’un cristal… Je questionne vraiment l’utilité de cette fonctionnalité.
J’ai adoré l’Âge de Frimas dans M2020. L’environnement est plus étendu, j’en ai plus appris sur Catherine, Atrus, ses fils et son père, Gehn. Bon je n’ai pas tout lu dans RMME comme c’était en anglais, mais je peux attester du fait que M2020 ajoute de nombreux documents écrits à cet Âge. Il apporte une vision plus douce des fils d’Atrus ; d’ailleurs une note inédite d’Atrus qui nous est destinée, consultable dans la bibliothèque de l’île de Myst après le dénouement, nous invite explicitement à voyager vers Frimas pour « découvrir Sirrus et Aquénar comme il les voyait : ses enfants ». En en effet, les journaux inédits de M2020 dans l’Âge de Frimas participent à nous donner une image chaleureuse de la relation d’Atrus avec ses fils, alors qu’ils étaient encore jeunes et que le pouvoir démesuré octroyé par l’Art ne les avaient pas encore pervertis. Cet Âge nous fait aussi partager une obsession d’Atrus : construire un dispositif permettant d’observer les Âges sans avoir besoin de s’y transporter, soit disant pour s’assurer que son père est toujours exilé sur Riven (mais Catherine ne croit pas ce soit la seule raison). Au terme d’une énigme passionnante, assez complexe mais juste, le dispositif remis en service par nos soins nous offre un sublime aperçu du monde de Riven. C’est donc in fine un fabuleux avant-goût de Riven que nous offre l’Âge de Frimas, à la fois en tissant des connexions scénaristiques et à la fois en nous mettant en appétit avec sa direction artistique de dingosaurus. Même ça c’est moins réussi dans RMME, qui se contente d’un simple morceau d’image à travers une fenêtre, alors que M2020 nous place au centre d’une sorte de planétarium où le plafond et les parois affichent Riven à 360 degrés…
Un point par contre que je trouve sympa dans RMME, c’est que l’on retrouve les captations des vrais acteurs de MME, mais dans une qualité vidéo HD irréprochable. C’est stupéfiant de voir combien les technologies de 1993 limitaient la qualité vidéo. À ma connaissance ce sont bien les mêmes captations qui sont jouées dans RMME, elles sont simplement beaucoup moins compressées qu’à l’époque et ça les change du tout au tout.
Concernant la fin de l’histoire originale, Atrus nous faisait simplement miroiter qu’il pourrait faire appel à nous dans un avenir proche, car il craignait une menace bien plus grande que celle de ses fils (dont il détruit les livres colorés qui les emprisonnent, avec l’intention de les punir, ce qui m’interroge sur leur destin). MME ouvrait donc la voie à une suite, sans en dessiner pour autant clairement les contours. J’aime vraiment l’épilogue apporté par l’Âge de Frimas, à la fois chaleureux et traçant un lien plus direct vers Riven ; c’est un ajout bienvenu mais inabouti dans RMME, puis considérablement peaufiné et amélioré dans M2020.
Aucune version n’est idéale, ni ne regroupe l’ensemble des points forts des différentes incarnations de Myst. J’aurais tendance à placer RMME en dernière position, avec son absence de traduction, son ultime énigme contrariante et sa performance désastreuse en terme de framerate. M2020 est clairement le plus confortable à pratiquer, mais pâtit d’une adaptation française en deça de celle de MME. Je n’en ai pas parlé jusqu’à présent, mais en choisissant le mode d’affichage « performance » pour que le VG tourne à 60 ips (images par seconde), le procédé technique des screen space reflections est exploité pour générer les reflets sur l’eau, et comme je le dis régulièrement ici le résultat à l’écran me gêne et brise mon immersion. En désactivant le mode « performance », le VG active le ray tracing, qui est une solution extrêmement coûteuse en ressources machine (on tourne à 30 ips) mais qui aboutit à des reflets intègres et cohérents. Je me demande vraiment comment faisaient les VG avant la PS4 (parce qu’on a cette technique depuis cette génération je crois) ; que je sache, on savait bien représenter des étendues d’eau ? Alors comment on faisait pour les reflets ? On se débrouillait forcément sans ray tracing…
Mais je m’égare, désolé. Au final, je choisirais probablement M2020. Le plus important pour moi, c’est la présence de la version définitive de l’Âge de Frimas, l’équité du challenge interactif et la présence de sous-titres, trois points qui placent M2020 au-dessus des autres. On gagne aussi en confort avec le support manette et le curseur dynamique qui, dans une certaine mesure, évite d’avoir à cliquer sur des éléments pour savoir s’ils sont interactifs. Un petit tableau récap’ ?
| MME | RMME | M2020 | |
|---|---|---|---|
| Esthétique | maîtrisée | aléatoire | maîtrisée |
| Lisibilité du level design | bonne (quelques exceptions) | fluctuante | bonne (quelques exceptions) |
| Version française | très bonne | inexistante | moyenne |
| Âge de Frimas | / | ébauche | excellent |
| Passage secret du bateau-pierre | invisible | visible | visible |
| Curseur dynamique | non (sauf leviers) | non (sauf leviers) | oui |
| Énigme des lentilles de Frimas | / | injuste | équitable |
| Support manette | nul (souris émulée) | / | bon mais perfectible |
| Framerate | ok | médiocre | ok |
| Intégrité visuelle | piètre résolution | ok | ok sauf reflets inconstants |
| Intégrité audio | inconstante | ok | ok |
| Déplacements | nodes | libres ou nodes | libres |
| Collecte des pages | une à la fois | une à la fois | illimitée |
Je réalise que j’attache quand même de l’importance au curseur dynamique ; je trouve ça vraiment bien que l’interface m’indique les interactions possibles juste en survolant les zones avec le curseur. MME est lisible généralement, mais il y a tout de même des exceptions, comme par exemple le chemin menant au grand arbre, sur l’île de Myst, qui nécessite de cliquer sur une zone très étroite qui, dans ce système, ne transforme en rien le curseur quand on le passe dessus…
C’est un procédé, le curseur dynamique, qui permet juste de lever une barrière entre nous et le VG, une interface qui permet de s’assurer que l’on parle la même langue. Je ne demande pas que l’on me signale la possibilité de maintenir un levier baissé plutôt que de le lâcher aussitôt, mais j’aimerais savoir quand le VG prévoit la possibilité d’observer en détail un élément du décor, où bien quelles zones de l’écran permettent d’initier un déplacement. La question centrale est : est-ce qu’il y a un intérêt à nous faire cliquer sur une zone pour obtenir une information, plutôt que de nous la livrer lorsqu’on survole ladite zone avec le curseur ? Moi je pense que non. On peut s’épargner ça. Après, je serais très intéressé de lire des arguments en opposition aux curseurs dynamiques. Moi en l’état actuel de ma réflexion, je pense que l’on a tout à y gagner.
Je suis très heureux d'avoir pu faire l'expérience de Myst dans ses trois incarnations. Globalement j'ai adoré cette aventure. Découvrir les différents Âges est un enchantement du cœur et de l'esprit, tandis que les développeurs établissent un univers qui stimule merveilleusement l'imaginaire et promet mille autres histoires, mille autres mondes. La magie de Myst est bien réelle ! C'est la version 2020 que je préfère car elle améliore plusieurs points cruciaux à mes yeux, relatifs à l'accessibilité et à l'équité du challenge interactif, et développe significativement l'Âge de Frimas.
Verdict =dispensable| ok (pour Myst et realMyst) |vaut le coup !| énormissime (pour Myst (2020))
Note(s)
- ^ Présentation du magasin GOG.
- ^ Présentation extraite de celle du bundle « Through the Ages » vendu sur le magasin Steam (seule présentation en français que j’ai trouvée).
- ^ Présentation du Playstation Store.
- ^ Note de relecture : j’ajoute que cette phrase est aussi vraie pour la première moitié de la lettre indiquant comment trouver la page blanche, sur l’île du bateau-pierre : elle est facile à trouver dans MME et RMME, mais trop bien cachée dans M2020 dans un compartiment inférieur d’un tiroir s’avérant triple.
- ^ Note de relecture : j’ai appris depuis, en lisant des forums, que cette simulation est censée nous apprendre un signal sonore distinct pour chaque direction cardinale ; cela m’a totalement échappé ! Mais bon, ma solution marche aussi.
- ^ Note de relecture : j’ajoute qu’il n’est en fait pas nécessaire de ramasser toutes les pages bleues ET toutes les pages rouges ; on a besoin de ramasser toutes les pages que d’une seule couleur. Ceci dit, le VG n’est pas explicite sur ce point, et le public peut facilement partir du principe qu’il doit tout ramasser et donc, dans MME, faire plusieurs voyages. M2020 corrige ça et c’est vraiment cool.
- ^ Note de relecture : je me corrige : on collecte bel et bien les pages dans M2020, sans limite de nombre, sauf qu’on n’a pas d’inventaire dans lequel on les voit et qu’on ne les garde pas en main non plus ; c’est comme si elles se téléportaient « en nous », c’est très étrange ; dans tous les cas, en revenant à la bibliothèque de l’île de Myst, les pages collectées « sortent » de nous et rejoignent l’étagère du livre coloré correspondant.
- ^ Note de relecture : j’ajoute que M2020, dans sa grande prévenance à notre endroit, nous met automatiquement sur la page 158 lorsqu’on ouvre le livre des schémas après avoir obtenu le nombre de la part d’un des frères. Cela nous évite d’avoir à tourner manuellement les pages jusqu’à la 158. Merci à lui !
- ^ Note de relecture : elle était en fait planquée dans un compartiment d’un tiroir qui s’avérait triple et que je n’avais pas perçu comme tel (je l’avais pris pour un tiroir simple, recelant par ailleurs une page colorée). Rare occurrence d’un élément moins visible dans M2020 que dans les précédentes versions (avec aussi la lettre d’Atrus du tout début).
- ^ Note de relecture : j’ajoute que par ailleurs, la sélection des points interactifs à la croix directionnelle ne fonctionne pas toujours correctement. Elle déconne notamment sur le panneau de contrôle de l’abri souterrain au tout début de l’île de Myst (après avoir ouvert son compartiment secret pour déverrouiller le passage vers l’Âge de Frimas) et sur l’énigme des lentilles à la fin de l’Âge de Frimas. Dans ces cas on doit s’en remettre au stick droit pour bouger le curseur directement comme avec une souris. Cette technique est aussi nécessaire avec le panneau de la cheminée de la bibliothèque de l’île de Myst quand on tente d’obtenir le trophée de contre-la-montre : on peut compléter le schéma bien plus vite qu’avec la croix directionnelle.
- ^ J’écris ceci en me basant sur mes observations dans RMME, la version dans laquelle j’ai découvert cette énigme.
- ^ Note de relecture : en effet j’avais mal interprété mes observations. Aux premiers embranchements du labyrinthe, seules deux directions sont possibles, et j’en avais généralisé à tort. J’ai même eu la chance de partir du principe qu’un son correspondait à l’est plutôt qu’au sud, parce que rien n’excluait le contraire. C’est la lecture d’un post Reddit passionnant sur ce sujet qui m’a éclairé.
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Commentaires
J’ai passé un très bon moment à lire cette belle critique dont j’ai apprécié les réflexions et les comparaisons entre les différentes versions et en prime un beau tableau ! J’ai appris aussi de nouvelles de choses: les nodes et les écrans fixes dont je serais contente que tu me montres à l’occasion.
Je trouve qu’il serait intéressant que ce VG soit pratiqué à l’école peut-être d’une manière collective pour développer la réflexion et l’observation mais aussi je te cite « une intelligence plus souple et flexible que performante et mathématique ». Bravo pour ce magnifique travail et merci pour cet enthousiasme partagé !