Le diptyque « Laws of Machine / The True » (PS4, PS5)

Développé par : Badri Bebua (Géorgie)

Sorti à l’origine en : octobre 2017 (Europe, version PS4 de Laws of Machine) et septembre 2020 (Europe, version PS4 de The True)

Comment j’ai pratiqué Laws of Machine : Terminé en 5h sur PS4 et PS5 avec la manette Nacon Revolution 5 Pro. Versions 1.05 (PS4) et 1.000.001 (PS5). Textes en Anglais, pas de voix.

Bidouilles diverses pour Laws of Machine : Aucune.

Comment j’ai pratiqué The True : Terminé en 9h sur PS4 et PS5 avec la manette Nacon Revolution 5 Pro. Versions 1.01 (PS4) et 1.000.000 (PS5). Textes en Anglais, pas de voix.

Bidouilles diverses pour The True : J’ai inversé l’axe Y (vertical) sur ma manette Nacon Revolution 5 Pro car le VG ne propose pas cette option.

Ci-dessous la présentation de Laws of Machine sur le Playstation Store :

Il y a une société appelée Robotech, qui a été créé par le professeur Sharpey. Il a développé le système d’intelligence artificielle basée sur neurosphères, qui a été recréés au cours de ses expériences avec le type lunaire du sol.

Le professeur a commencé à développer des assistants de la série DRX (Robot domestique), et ces robots sont capables de faire presque tout ce qu’un homme peut faire et plus encore, il a équipé les robots d’un de ses nouveaux développements - « SOTM » (machine à téléporter des objets spéciaux), avec lequel il était possible de téléporter des objets spécialement pour l’aide de projet pour la téléportation.

Les robots ont pu utiliser le pistolet téléportation pour résoudre certaines tâches.[1]

Et voici la présentation de The True toujours sur le Playstation Store :

Le jeu est un spin-off de «Laws of Machine». Dans le jeu, vous devez incarner une jeune fille nommée Sarah, qui doit découvrir ce qui s’est passé dans le laboratoire Robotec. Pour comprendre ce qui s’est réellement passé dans le laboratoire, vous devez atteindre le laboratoire souterrain d’Ascendo, où mène la piste que Sarah a trouvée dans la mémoire d’un robot DR12.

Pendant que vous jouez, vous devez résoudre des énigmes, vous battre avec des créatures étranges et enfin découvrir non seulement ce qui s’est réellement passé dans le laboratoire Robotec, mais aussi qui est vraiment Sarah. Le joueur dispose d’un pistolet de téléportation portable, qui peut geler, brûler, mouiller et déplacer les objets. Mettez-vous au défi et apprenez la vérité.

J’ai choisi de faire un seul billet pour les deux titres parce que je craignais de ne pas avoir assez à dire sur Laws of Machine (appelons-le LOM) dans un texte dont il aurait été l’unique sujet. C’est justifié parce que The True (disons TT) est la suite directe de LOM, tout en offrant un changement radical de perspective.

LOM se présente comme un vidéogiciel de plates-formes en 3D vues de côté assez classique, dans un univers de science-fiction très grossièrement brossé que j’ai perçu vraiment comme un prétexte. On incarne un petit robot qui parcourt des environnements bien abstraits pour revenir vers son vieux professeur bonhomme qui l’a créé. L’histoire s’achève avec un choix : se sacrifier pour sauver le professeur blessé ou le laisser mourir.

Canoniquement le robot se sacrifie et TT prend la suite de cet événement. On se retrouve à incarner dans un environnement de SF réaliste et tout en 3D, avec caméra libre, l’assistante du professeur Sharpey qui explore un complexe de recherche caché sous la surface du désert à l’extérieur de la ville (complexe dont elle a obtenu les coordonnées géographiques dans ce qui reste de la mémoire du petit robot de LOM).

On passe d’un vidéogiciel très classique « juste pour rire » à une aventure à l’histoire très sérieuse, au système d’interaction et de progression beaucoup plus riche. J’ai été scié ! On passe littéralement dans une autre dimension avec TT, certainement permise par l’expérience acquise du développeur solo géorgien Badri Bebua sur LOM.

Alors est-ce que l’un ou l’autre des volets du diptyque est renversant, à mon sens, non, même si les deux se sont bien laissés parcourir, dans les genres bien distincts de la plate-forme inconséquente pour LOM et de l’exploration / aventure pour TT.

TT souffre à mon sens d’une écriture chaotique, à la fois dans le fond (le récit SF part dans tous les sens) et la forme (la traduction anglaise est peu compréhensible). Ça parle de clonage humain, d’enfant cobaye, de téléportation, d’éthique, d’éléments révolutionnaires trouvés sur la lune… Mais au final, le plus concret et ce que j’ai surtout retenu c’est le coup de théâtre final (déjà vu dans Penumbra : Black Plague) sur la nature des créatures monstrueuses que l’on affronte (et élimine) tout au long de notre progression : en réalité des humains, peut-être parfaitement inoffensifs, dont l’apparence aux yeux de Sarah est altérée par un gaz vert auquel elle est exposée au début à l’entrée du centre (je ne me rappelle plus de la scène, mais elle le raconte dans un dialogue vers la fin).

Cette révélation remet tout en perspective et elle est assez subtilement abordée à mi-parcours par une courte scène d’abord surréaliste où la caméra adopte le point de vue de quelqu’un caché dans un conduit, qui regarde selon toute vraisemblance vers nous, Sarah, et voit… un rhinocéros. On ramasse près du conduit un magazine pour enfants avec un rhinocéros sur la couverture…

Le dénouement tranche évidemment la question, puisque le boss final monstrueux se révèle être, une fois tué, un homme en fauteuil roulant…

Je déduis de tout cela que le gaz vert a pour effet d’altérer notre perception des gens à partir des cauchemars de notre esprit ? Mais dans ce cas, je voudrais bien savoir quel genre de films Sarah a regardé toute sa vie pour imaginer des monstres aussi horribles (elle a dû en bouffer du Cronenberg et du The Thing)(en même temps je peux parler).

Reste une grosse inconnue, qu’est-ce qui fait que les effets du gaz vert s’arrêtent ? Si c’est juste une question de temps, cela paraît un peu trop commode que le délai s’écoule comme par hasard juste après le boss final et avant de sortir du complexe… Même question pour l’individu qui nous observait, qui s’avère être un gamin et qui nous perçoit parfaitement humaine lorsqu’on le retrouve.

Bref, ça reste léger. L’exploration et la progression au sein du complexe, que le VG nous fait vivre au premier plan à la manette, m’ont bien captivé, grâce à de multiples énigmes de progression qui m’ont parfois fait chercher un petit moment, voire carrément tricher dans un cas de figure vers la fin, que j’aborde dans la galerie d’images.

Le contrôle du perso et ses animations sont assez raides, mais fonctionnels. Sarah n’a pas énormément de personnalité, même si sa tenue vestimentaire est assez originale. L’absence de doublage la dessert un peu.

J’ai tenu à parcourir les versions PS4 et PS5 des deux VG, je ne sais pas trop pourquoi, parce qu’elles n’étaient vraiment pas chères et que j’étais curieux de voir les différences ? La seule vraiment notable de mon point de vue, c’est le support de la détection de mouvement de la manette dans la version PS5 de TT. C’est-à-dire que pour viser, en plus du stick droit on peut utiliser le gyroscope de la manette. Étrange que cette fonction ait été omise pour la version PS4 car la manette officielle, la Dual Shock 4, en est bien capable. J’imagine que la visée au gyro est en train de se démocratiser sur PS5… Enfin, il était temps, après tout les manettes Sony sont équipées d’un gyroscope depuis la PS3 ! Les développeurs sont rarement volontaristes dans l’exploitation de toutes les fonctionnalités des manettes. Perso j’apprécie vraiment tout ce qui change un peu dans la façon d’interagir avec les VG, d’ailleurs dès que j’en lance un nouveau c’est un gros moment d’excitation que de découvrir et d’explorer la façon d’interagir, le mode de contrôle et de déplacement du ou de la protagoniste. Ça m’a toujours fasciné et me fascinera toujours, je crois. Pour ça que je regrette à chaque fois quand le contrôle n’innove pas, est trop standardisé.

En l’occurrence j’ai apprécié la visée au gyro, c’était plus fluide et intuitif qu’au stick droit ; la fonction m’a d’ailleurs manqué quand je basculais sur la version PS4.

Voici un binôme de vidéogiciels réalisés par un seul développeur indépendant, Badri Bebua, qui prennent place dans le même univers de science-fiction. Les deux titres ne sont pas exceptionnels mais restent très plaisants à parcourir, chacun dans leur genre. J'aime beaucoup l'évolution de perspective entre Laws of Machine, VG de plates-formes vues de côté dans la peau d'un robot, et The True, authentique VG d'aventure saupoudrée d'action avec une héroïne type Lara Croft variante geek. Prévoir une meilleure traduction anglaise pour le prochain si possible car même le titre est pété (« la vérité » c'est « the truth » plutôt que « the true »).
Verdict = dispensable | ok (pour Laws of Machine et The True) | vaut le coup ! | énormissime

 

Note(s)

  1. ^ La traduction est horrible, j’en conviens !

 

Galerie d’images

01
L’intro de LOM : une succession d’illustrations avec du texte écrit dans un Anglais approximatif. Touchant.
02
De la plate-forme très classique (et très facile dans les premiers niveaux).
03
Notre petit robot DR12 tombe parfois sur des notes laissées par le professeur à l’intention d’une certaine Sarah… qui sera l’héroïne de TT.
04a
Même si le VG est vu de côté et que l’on évolue uniquement sur un plan, la réalisation en 3D permet de varier les perspectives, comme ici en plongée…
04b
…ou là où l’on voit plus loin vers la droite.
05
L’objectif de chaque niveau est de rejoindre le téléporteur de sortie avec plus de 100V d’énergie ramassée.
06a
À la fin on découvre le professeur Sharpey, mourant…
06b
…mais l’on peut choisir avec DR12 de se sacrifier pour le sauver…
06c
…décor que l’on retrouve avec Sarah dans TT…
06d
…où l’on nous explique que DR12 a « sacrifié l’énergie de sa neurosphère » pour sauver Prof Sharpey…
06e
…les neurosphères étant un élément SF central à l’intrigue de TT (découvert dans le sol lunaire).
07
On retrouve dans TT le téléporteur de LOM, représenté cette fois à l’échelle humaine.
08
L’un des monstres que l’on affronte dans le complexe. Qui est en réalité un humain ! Comme dans PENUMBRA : BLACK PLAGUE, le protagoniste croit être agressé par des créatures. C’est d’ailleurs un peu bizarre que l’on puisse même mourir : comme si notre esprit pouvait nous tuer ? Ça me paraît gros, mais aussi terrifiant.
08
À mesure de notre enquête dans TT, le professeur bonhomme de LOM dévoile une face bien plus sombre : clonage humain, expérimentation sur une enfant coupée du monde toute sa vie (Sarah).
09
On combat aussi très souvent des petites araignées comme celle-ci. Assez galères à atteindre avec nos projectiles d’ailleurs, le gyroscope est bienvenu dans la version PS5.
10a
Un élément du décor un peu planqué qui a longtemps échappé à ma vigilance…
10b
…cet étroit couloir m’a donné du fil à retordre. Au bout de celui-ci, un tuyau sur lequel utiliser la poignée remassée au préalable.
11a
En tirant une boule de feu sur ce lavabo, on fait chauffer l’eau que l’on a fait couler et retenu en son sein avec un bouchon…
11b
…et un code apparaît alors sur le miroir grâce à la vapeur d’eau. Pour être honnête, si je n’avais pas vu l’icône de sauvegarde automatique en bas à gauche sur la capture précédente, je n’aurais pas forcément capté que quelque chose s’était passé et n’aurais pas pensé à examiner la surface du miroir.
12a
L’énigme qui m’a poussé à la triche : quatre caractères d’un code apparaissent sur ce mur, je sais qu’il en faut huit, où trouver le reste du code ?…
12b
…réponse : grâce à notre lampe. Les caractères manquants sont en fait troués sur l’espèce de paravent, et on les affiche sur le mur en projetant de la lumière depuis le bon endroit avec le bon angle. Cela nous donne la combinaison attendue de huit caractères. J’ai été sidéré par le caractère tellement « organique » de cette énigme. Vraiment je n’étais pas prêt !
13a
Certains objets, les consommables de soin par exemple, brillent pour nous aider à les repérer…
13b
…mais je crois que certains autres, pas du tout, comme ce papillon en or que j’ai eu beaucoup de mal à trouver.
14
La plupart des énigmes sont beaucoup plus faciles que le coup de la lampe. Ici j’ai déterminé rapidement que le code était 5209.
15a
Le boss final, qui m’a fait galéré longtemps avant de trouver comment le vaincre. En fait il s’agit d’envoyer une boule de glace sur sa main gauche, mouillée par une fuite au plafond…
15b
…on lui tomber alors dessus une étagère…
15c
…qui lui sectionne le bras et le tue (?)…
15d
…et alors Sarah le voit pour ce qu’il est : un homme dans un fauteuil roulant. À propos de ce boss, outre la révélation sur son identité, j’ai galéré pour le vaincre aussi parce que des choses qui auraient fonctionné dans le monde réel n’avaient ici aucun effet, par exemple, tirer une boule de feu dans le tuyau du plafond pour que l’eau chauffe et ébouillante le monstre. C’est toujours plus difficile de trouver une solution de bon sens quand le VG t’apprend par ailleurs à te plier à son arbitraire.

 

Commentaires

1. Le mercredi 28 janvier 2026, 23:10 par Marie-Thérèse

Trop mignon ce petit DR12 et sympa cette nouvelle Lara ! Je vois que tu n’as pas perdu ta plume et merci de nous en faire profiter à nouveau !

2. Le dimanche 1 février 2026, 11:00 par Pierre

Merci beaucoup !

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