Fear the Spotlight (PS5)

Développé par : COZY GAME PALS (Californie), porté sur PS5 par ROOM 8 GROUP (Ukraine)

Sorti à l’origine en : octobre 2024 (Europe, version PS5)

Comment j’ai pratiqué : Terminé en 6h (3 sessions) sur PS5 avec la manette Dual Sense. 60 images par secondes. Version 1.000.003 (numéro interne 2.1118). Textes en Français, voix en Anglais avec sous-titres.

Bidouilles diverses : Aucune.

Fear the Spotlight est un jeu d’horreur à la troisième personne avec un mystère troublant à élucider. Faufilez-vous dans l’école après les cours avec Vivian et Amy, survivez à une séance de spiritisme qui a mal tourné, résolvez des énigmes et, surtout, restez à l’écart du projecteur…

L’histoire de Sunnyside High est bien sombre. Lorsque Vivian s’aventure dans les couloirs déserts pour une séance de spiritisme avec la rebelle Amy, elle se retrouve soudainement seule et à la merci du monstre qui erre dans les couloirs. Vivian doit alors éviter le regard du monstre, retrouver son amie et découvrir la vérité troublante et meurtrière d’une tragédie vieille de plusieurs décennies. Fear the Spotlight est une lettre d’amour terrifiante aux jeux d’horreur classiques des années 90, avec une histoire riche, des énigmes à résoudre et une atmosphère oppressante. Ce jeu narratif est parfait pour les novices qui souhaitent découvrir les jeux d’horreur.

ÉCHAPPEZ AU CAUCHEMAR
La séance de spiritisme a affreusement mal tourné. Amy a disparu et le lycée s’est transformé en véritable temple de l’horreur. Incarnez Vivian pour mettre à jour un sombre passé secret, tout en essayant de vous échapper, vous et votre amie.

UN GAMEPLAY FOLLEMENT EFFRAYANT
• Faufilez-vous pour éviter qu’une entité inconnue ne repère Vivian alors qu’elle explore les couloirs obscurs du lycée.
• Résolvez des énigmes hautement tactiles qui sont un clin d’œil aux classiques du genre et proposent un gameplay évolué pour satisfaire les fans d’horreur actuels.
• Armé d’une lampe de poche, d’un tournevis, d’une clé à molette et de divers objets, partez à la découverte d’un Sunnyside High abandonné pour révéler de nombreux mystères.

UNE ATMOSPHÈRE ANNÉES 1990 TERRIFIANTE
Explorez la version infernale de Sunnyside High en incarnant Vivian dans cet hommage aux classiques de l’horreur pour ado des années 90. Un style rétro, une bande-son pleine de tension et un décor nostalgique raviront les inconditionnels de l’horreur, tout autant que ceux qui découvrent le genre.

UNE HISTOIRE APPROFONDIE
Plongez encore plus loin dans l’univers sombre de Fear the Spotlight grâce à un scénario additionnel approfondi.

Fear the Spotlight est le premier jeu publié par Blumhouse Games, un label de jeux vidéo de Blumhouse Productions qui se consacre à la promotion des approches les plus créatives et uniques du genre de l’horreur.[1]

Je vais peut-être me permettre une critique moins longue que pour The Mortuary Assistant, étant donné que j’écris les deux dans la même journée :-)

Je retiens de Fear the Spotlight, appelons-le FTS, son esthétique rétro façon Playstation première du nom, ainsi que le degré de finition de l’œuvre, son confort de pratique, qui se sont avérés pour moi juste incroyables — au diapason du nom du studio, le couple de développeurs ayant plus qu’honoré le « COZY » de son blase !

FTS est un vidéogiciel « accueillant », aimable, prévenant envers son public… Il exploite les fonctionnalités de la manette PS5, la Dual Sense, à merveille pour nous surprendre et nous immerger dans son monde. Des sons clés sont émis des haut-parleurs de la manette ; des vibrations subtiles se font ressentir à l’occasion d’actions « physiques » de la part de l’héroïne incarnée ; la gestion des sticks est parfaite de douceur, de sensibilité et de précision ; les caméras accompagnent grâcieusement l’action, n’hésitant pas à masquer la protagoniste si elle obstrue notre champ de vision ; aucun bogue frustrant n’est à déplorer !

Ça me semble dingue de le dire, mais tout fonctionne si bien et de manière si élégante que parcourir FTS était pour moi un ravissement de chaque instant.

La seule ombre au tableau en terme d’irritant, ce sont certains couloirs où les projecteurs de lumière me sont apparus impossibles à éviter… Alors on n’a certes jamais manqué d’objets de soin avec ma partenaire de coop’, mais si on ne les avait pas eus nul doute que l’on serait mort sans rien comprendre (on se passait la manette, le VG se pratique en solo uniquement). Il existait peut-être une façon d’échapper aux lumières mais alors elle nous a échappé !

L’histoire n’a rien de dingue par contre, elle est assez peu mémorable hélas, même si les deux héroïnes, secrètement amoureuses l’une de l’autre, sont adorables dans leurs gentils émois.

Vivian et Amy décident un soir d’invoquer les morts avec une table de ouïja, pour s’impressionner mutuellement, en restant clandestinement la nuit dans leur lycée, et se retrouvent transportées dans un cauchemar fantastique né de la tourmente des âmes en peine du lycée… On lève le voile sur un incident bien réel ayant eu lieu des années auparavant et provoqué la mort d’élèves, et couvert de façon absolument scandaleuse par l’équipe pédagogique. Nos deux héroïnes échapperont aux fantômes bien vénères, se réveilleront devant la table de ouïja comme si rien ne s’était produit, et récupéreront dans les armoires des profs des preuves en béton armé qu’elles communiqueront à la police, non sans une ultime course-poursuite pour échapper aux méchants profs.

Le gros de l’aventure c’est le « cauchemar fantastique » : on évolue avec Vivian dans un lycée abstrait, où les couloirs peuvent s’étirer à l’envi, où des monstres à tête de projecteur nous attaquent… Et ensuite on incarne Amy dans une seconde partie, où là on se retrouve dans une version flippante de sa maison à elle, où le fantôme de sa mère la traque sans relâche. On résout des énigmes dans le plus pur style des survival-horror traditionnels, avec des mécanismes chelous, des portes verrouillées, des objets à ramasser et à utiliser ailleurs… C’est très classique et pas franchement surprenant, même si ça se laisse très bien faire pour ma part.

Esthétiquement j’aime beaucoup l’idée que des vidéogiciels sortent en 2024 avec des graphismes qui affichent crânement leur rendu basse résolution. J’adore ça. Ce sont des œuvres qui vont complètement à l’encontre de la course à la puissance graphique et je ne peux que les applaudir à cet égard. La contradiction c’est que l’on a besoin d’une console récente (PS4 ou 5) pour faire tourner FTS, mais c’est plus la faute de Sony qui a abandonné ses consoles antérieures que celle des développeurs. Ceci étant, je serais curieux de savoir si le VG tourne sur un PC à la configuration très modeste ?

Mais outre le choix du style de représentation, je ne peux pas affirmer avoir été ébloui par la direction artistique de FTS, qui affiche des modélisations somme toute assez banales et manquant à mes yeux de personnalité et de caractère. Sagebrush par exemple, que j’ai parcouru cette année, combinait esthétique low-rez (faible résolution) avec un aspect pictural que j’ai trouvé saisissant.

L’histoire quant à elle m’a semblé bien trop sage, gentille, convenue, pour pouvoir me marquer, m’interroger, me faire réfléchir, me bouleverser… Les jeunes héroïnes amoureuses sont mignonnes, mais c’est à peu près tout.

Pour autant le challenge interactif conçu par les développeurs passe vraiment bien et ne prend pas trop de notre temps. Ma partenaire de coop’ n’était pas très motivée, à la fin de la partie de Vivian, pour recommencer du point de vue d’Amy — même quand je lui disais que sans doute on aurait à l’issue de ce nouveau chapitre un épilogue avec la vraie fin de l’histoire, ce que je soupçonnais fortement et qui s’est avéré.

Je la comprends car je ne suis moi-même jamais fan des structures narratives où l’on arrive à un point décisif de l’intrigue, pour que finalement le conteur nous arrête net, rembobine jusqu’au début et insiste pour nous raconter la même séquence chronologique du point de vue d’un autre perso…

Toutefois je l’ai mieux accueilli qu’elle, car la partie d’Amy dans sa maison était assez flippante, bénéficiait d’une unité de lieu avec une surface d’exploration plus ramassée, et se faisait bien, assez rapidement… Je note cependant qu’encore une fois, on s’est demandé lors des rencontres avec un ennemi, comment diable étions-nous censés éviter ses attaques. On ne manquait jamais de soin, donc pas de problème pour survivre, mais c’est assez frustrant d’avoir l’impression d’être obligés « d’échouer ».

Fear the Spotlight est un assez court vidéogiciel d'horreur, mais d'horreur douce, pour des gens qui n'ont pas envie d'avoir trop peur ou de faire face à des thématiques trop difficiles ou remuantes psychologiquement. Je le regrette car de fait ce n'est pas une œuvre qui marque ou fait beaucoup réagir. Là où le titre est dingue par contre, c'est dans sa finition quasi parfaite, son support manette d'une élégance folle, sa considération générale pour le public d'une bienveillance et d'une prévenance inédites — particulièrement dans le monde des vidéogiciels indépendants. En conséquence, parcourir ce VG m'a ravi à chaque instant, et à ce titre je pense qu'il vaut vraiment le coup d'y consacrer quelques heures avec une bonne Dual Sense entre les mains.
Verdict = dispensable | ok | vaut le coup ! | énormissime

 

Note(s)

  1. ^ Présentation du Playstation Store.

 

Galerie d’images

01a
Les deux héroïnes finissent par se révéler leurs sentiments…
01b
…réciproques, pour ne rien gâcher !
02
La Dual Sense ronronne alors que l’on tire délicatement cette fenêtre de vitrine vers la droite, avec un immersif « glisser-déposer » au stick gauche !
03
La boîte PTW est créditée pour la traduction, mais tous les collaborateurs sont listés sans le détail de qui a fait quoi ! Impossible donc de savoir qui a signé la super adaptation française dont nous sommes gratifiés.
04
L’humilité et la chaleur du couple de développeurs est palpable.
05
Ça peut être effrayant parfois quand même.
06
Les objets à ramasser brillent pour nous empêcher de les louper.
07
Toutes les tables sont pile à la bonne taille pour que l’on puisse se cacher dessous simplement en s’avançant accroupie. Notons que la caméra bascule alors opportunément en vue subjective !
08
Quand je vous dis que les développeurs sont sympas : sur la carte, ils nous rappellent les objets restant à utiliser dans chaque salle déjà explorée.
09
Quelques séquences de cache-cache avec des ennemis.
10
La caméra fonctionne parfaitement et assure à chaque instant une super visiblité de l’action.
11
Ciel ! Des jambes et des pieds !
12
Un vidéogiciel qui nous prend vraiment par la main… Mais c’est si tendre et chaleureux que je ne lui en veux même pas. Je lui rendrais presque son câlin :-)

 

Commentaires

1. Le dimanche 7 septembre 2025, 18:27 par Fear The Little Titich

Coucou, c'est moi !

Oh quelle jolie critique: c'est vrai que le jeu était très chaleureux. J'ai trouvé que tout au long de notre parcours, les personnages étaient vraiment "aimés" par leurs créateurs. D'ailleurs ceux-ci se sont appliqués à leur donner une belle fin bien achevée et très mignonne.
C'était un très beau jeu avec beaucoup d'amour au final et pas du tout niais pour autant.

2. Le lundi 29 septembre 2025, 18:28 par Marie-Thérèse

Voilà un VG bien sympa que je pourrais pratiquer peut-être !
Merci pour ce joli partage !

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